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Gorge, langue
La gorge est la première voie de pénétration de
la fumée de cigarette. Le tabac y provoque plusieurs types de lésions.
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La fumée de cigarette est un aérosol de 4 000 composés
chimiques, parmi lesquels de nombreuses substances irritantes et cancérogènes.
Selon le type de cigarette fumée, l'intensité et la durée du tabagisme,
différentes lésions peuvent apparaître, de la simple gorge rouge au cancer
de la gorge et du larynx, sans oublier les lésions des cordes vocales et les
lésions parodontales (gencives).
Les effets sur la zone
buccale
Une récente campagne de santé canadienne insiste sur
les risques du tabac et, en particulier, sur les risques inesthétiques au
niveau des dents et des gencives. Ces risques, les plus visibles, sont peut-être
parmi les plus susceptibles d'avoir un impact sur les jeunes fumeurs. Par
ailleurs, il faut savoir que 74% des cancers de la bouche et 87% des cancers
du larynx sont attribuables au tabac, associés, dans un grand nombre de
cas, à l'alcool. Le risque est plus élevé chez les fumeurs de cigarettes
sans filtre et chez les fumeurs de tabac brun, en particulier les fumeurs de
pipe.
Les conséquences
bucco-dentaires
du tabagisme sont nombreuses, altérant de façon visible l'éclat du
sourire. La fumée de tabac modifie le pH (acidité) de la salive. La fumée
de tabac blond a un pH acide aux alentours de 5 et la fumée de tabac brun a
un pH alcalin aux alentours de 8, alors que le pH normal de la bouche est de
6,7. Cette modification, surtout si elle est associée à une mauvaise hygiène
bucco-dentaire, augmente le risque de développer des caries et accélère
l'évolution des lésions initiales de déminéralisation de l'émail des
dents, en particulier chez la femme enceinte fumeuse. Des tâches brunes et
grisâtres disgracieuses en sont le témoin visible. Le tabac noircit les
dents et favorise le dépôt de tartre brun.
L'effet vasoconstricteur (qui diminue le calibre d'un
vaisseau par contraction) du tabagisme altère la circulation du sang dans
la gencive et la muqueuse buccale. A plus long terme, le tabac amène l'altération
physiologique de
l'os alvéolaire
, entraînant la création de
poches parodontales
.
Le point de départ est toujours
la plaque bactérienne
, le tabac venant en accentuer les effets. Par ailleurs, le tabac (chique,
cigarette, cigare, pipe) est directement responsable de l'apparition de
leucoplasies (lésions précancéreuses), de
leucokératoses
du palais (plus souvent chez les fumeurs de pipe, causées par les goudrons
et la chaleur de la fumée), de leucokératoses de la langue ou "langue
du fumeur", de
gingivites ulcéro-nécrotiques
aïgues (maladie de Vincent). On peut citer aussi la "langue noire
velue".
Pharynx et Larynx
Le pharynx (partie haute de la gorge) et le larynx
(partie basse de la gorge) sont particulièrement touchés par la fumée de
tabac, très dense et très chaude. Les grosses particules en suspension
dans la fumée s'y déposent préférentiellement. Les cordes vocales sont
également agressées, de même que la langue, les lèvres et les glandes
salivaires.
Chez les fumeurs de pipe, les effets de la chaleur sont
souvent rapides et intenses, provoquant des brûlures chroniques des lèvres
et du bout de la langue qui font le lit du cancer. Le risque dépend de la
quantité de tabac fumé et de la durée du tabagisme.
74 % des cancers de la bouche et 87 % des cancers du
larynx sont attribuables au tabac, sachant que intoxication tabagique et
imprégnation alcoolique sont souvent associées : leurs effets sur le
risque de cancer ne font pas que s'additionner, ils se multiplient.
Dans les régions du monde où l'usage de la chique est répandu,
le nombre des cancers de la cavité buccale est particulièrement élevé.
Plusieurs études ont montré que les chiqueurs de tabac avaient un risque
de cancer de la bouche nettement augmenté. Les sous-mariniers suédois
fumeurs utilisaient, lors des missions en plongée durant plusieurs mois, du
tabac à chiquer (pâte noire qu'ils calaient contre la gencive, en haut des
dents) ; ils développaient des lésions
parodontales
sévères et des cancers de la cavité buccale. Cette constatation, dans les
années 1970, engendra l'idée du premier substitut du tabac, la gomme à mâcher
nicotinique, premier traitement substitutif de la dépendance tabagique.
Arrêter pour guérir
Il y a toujours un bénéfice à arrêter de fumer, même
après l'apparition d'un cancer de la gorge ou de la bouche, car la
poursuite du tabagisme après une affection cancéreuse déclarée limite de
façon importante l'efficacité du traitement. Les patients qui continuent
à fumer pendant la
radiothérapie
ont une moins bonne réponse au traitement et un moindre taux de survie par
rapport aux patients qui arrêtent de fumer. Ces fumeurs ont alors besoin d'être
aidés pour arrêter de fumer.
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Arbre respiratoire
L'arbre respiratoire, dans son entier, est
directement agressé par la fumée de tabac. Celle-ci est responsable
de maladies pulmonaires et respiratoires et de 85% des cancers du
poumon.
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La fumée de tabac est un aérosol de 4000 composés
chimiques (gaz et particules). Elle pénètre plus ou moins profondément dans
tout l'arbre respiratoire, de la trachée vers les grosses bronches, jusqu'aux
bronchioles et alvéoles pulmonaires. Le poumon est l'une des premières
victimes de l'agression de la fumée de tabac.
En fonction de l'intensité et de la durée du tabagisme,
on peut observer une toux matinale avec ou sans crachats, un essoufflement,
des crises d'asthme répétées, mais aussi des bronchites à répétition,
une bronchite chronique, une insuffisance respiratoire, aiguë puis
chronique, un
emphysème
, un cancer pulmonaire...
L'effet du tabac sur le poumon
Le poumon est l'organe qui est l'une des premières
victimes de l'agression de la fumée de tabac.
Il est constitué du tissu pulmonaire et de l'arbre
respiratoire. L'arbre respiratoire, des grosses bronches jusqu'aux plus
petites bronchioles, se termine par 300 millions d'alvéoles pulmonaires (70
m¦ de surface) très richement vascularisées (vaisseaux) et permettant
ainsi les échanges gazeux : apport d'oxygène et élimination du gaz
carbonique. L'air que l'on respire n'est pas pur, mais le poumon est
naturellement armé pour y faire face : toux, expectoration, intervention
d'anticorps, de "cellules à poussières" ou
"macrophages".
La fumée de cigarette est un aérosol constitué d'une
phase gazeuse et d'une phase particulaire. Si les gaz toxiques se diffusent
dans la circulation alvéolaire avant d'être entraînés dans le circuit
artériel, les particules ont tendance à se déposer sur la muqueuse
bronchique et à pénétrer, pour les plus fines, jusqu'aux alvéoles
pulmonaires. Les macrophages sont alors débordés et ne peuvent faire face.
En se multipliant pour tenter d'éliminer les particules toxiques, ils secrètent
un enzyme venant altérer à long terme l'élasticité alvéolaire. C'est
ainsi que, les alvéoles claquant les unes dans les autres, telles des
bulles de savon, l'
emphysème
apparaît.
Pour un fumeur de 20 cigarettes par jour pendant 40 ans,
soit plus de 500 000 cigarettes fumées, c'est plus de 5 kg de particules
toxiques déposées dans le poumon. Certaines seront éliminées au fur et
à mesure par les cellules ciliées (garnies de cils) des bronches,
recouvertes de mucus ("escalator muco-ciliaire") et seront
naturellement expectorées. Mais le tabagisme altère la mobilité des cils
vibratils et rend le mucus moins fluide, plus collant : une seule cigarette
par jour entraîne la paralysie des cils, quelques cigarettes/jour rajoutent
à la paralysie des cils une érosion, et 20 cigarettes/jour sont
responsables de la disparition des cellules ciliées, remplacées par une
muqueuse épaisse "
métaplasique
". La toux devient alors le seul recours pour éliminer mucus et
particules (toilette bronchique matinale). Cette élimination est incomplète,
les particules y stagnent, faisant le lit du cancer. Les germes se plaisent
à proliférer dans ce mucus devenu plus épais. Au fil des années, l'écoulement
de l'air dans les bronches se trouve perturbé et la fonction respiratoire
diminuée (mesurée par un examen
spirométrique
).
En résumé, les affections pulmonaires non cancéreuses
liées au tabac sont la résultante de trois mécanismes principaux, pouvant
être imbriqués : l'inflammation, le rétrécissement de la
lumière
des voies aériennes avec obstruction au passage de l'air, la dilatation des
espaces aériens
distaux
avec rupture alvéolaire (emphysème).
Symptômes et affections respiratoires
L'exposition à la fumée de tabac entraîne une
inflammation de tout l'arbre respiratoire. Les symptômes aigus les plus fréquemment
rencontrés sont la toux du matin (pas chez tous les fumeurs), les crachats
le matin, une augmentation de la fréquence et de l'importance des crises d'athme,
des bronchites à répétition pouvant évoluer vers une bronchite chronique
(elle touche près de 2 millions de Français qui toussent et crachent au
moins 3 mois/an depuis au moins 2 ans).
Au fil des années, cette inflammation chronique vient
modifier la capacité respiratoire et le fumeur se rend compte, dans des
gestes simples de la vie quotidienne (montée d'escaliers) qu'il a
"moins de souffle". Le
diagramme de Fletcher
illustre l'altération du volume expiratoire maximal par seconde(VEMS) de
fumeurs qui ont fumé toute leur vie et ce que devient cette altération
lorsque la personne arrête de fumer : dès que l'arrêt du tabac est
effectif, il y a une amélioration notable des capacités respiratoires.
En cas de poursuite du tabagisme, peuvent survenir une
insuffisance respiratoire aiguë puis chronique, une broncho pneumopathie
chronique obstructive (BPCO), un emphysème.
La BPCO est responsable de 50 000 hospitalisations par
an, de 10 000 décès par an et de nombreux cas d'invalidité. Elle est
retrouvée chez 15% des fumeurs de 20 cigarettes/j depuis plus de 20 ans et
chez 25% des fumeurs de 40 cigarettes/j depuis plus de 20 ans.
Par ailleurs, le tabagisme, tout comme le tabagisme
passif, aggrave l'asthme.
Le cancer du poumon
C'est le plus fréquent des cancers liés au tabac. Le
tabac est responsable de 85 % des cancers du poumon. Il existe différents
types de cancers du poumon :
• le cancer
épidermoïde
(avec le tabac brun) ;
• le cancer profond à petites cellules (surtout avec
le tabac blond et les cigarettes "légères" du fait d'une
inhalation plus profonde de la fumée) ;
Le
benzo-a-pyrène
, cancérogène reconnu de la fumée de tabac, serait plus particulièrement
responsable du développement du cancer du poumon, par son action sur le
gène régulateur P53
. La fumée de tabac contient également du polonium 210, élément
radioactif
émetteur
a.
La découverte du cancer du poumon est souvent fortuite,
à l'occasion d'une radiographie pulmonaire, ce qui en fait sa gravité : le
tissu cancéreux a eu le temps de se développer à bas bruit. Parfois, la découverte
sera faite après celle de métastases cérébrales à l'occasion d'un
scanner demandé pour troubles neurologiques (une certaine confusion mentale
par exemple).
Le cancer du poumon se traite par la chimiothérapie et
la radiothérapie, seules ou associées. Le seul traitement efficace reste
la prévention : alors que le traitement ne permet de guérir que 1 malade
sur 10, l'arrêt de la consommation de tabac, suffisamment tôt, permet d'éviter
9 cancers sur 10.
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Cœur et vaisseaux : effets du tabac
Le tabac est un facteur de risque cardiovasculaire
parfaitement identifié.
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Le tabac est, avec l'hypercholestérolémie, l'hypertension
artérielle et le diabète, un facteur de risque cardiovasculaire parfaitement
identifié. Le tabagisme est, en France, à l'origine de 30 % des décès par
maladie cardio-vasculaire (1/3 des décès des sujets de 35 à 69 ans). Les mécanismes
sont aujourd'hui bien connus. L'arrêt du tabac entraîne une diminution très
rapide des risques.
Pendant très longtemps, la consommation de tabac a été
considérée comme un facteur de risque cardiovasculaire négligeable. C'est
seulement à partir des enquêtes épidémiologiques de ces dernières décennies,
qui ont porté sur plus de 40 années de suivi des sujets, que l'accord a été
unanime pour faire du tabac le facteur de risque numéro 1 dans
l'artériopathie oblitérante
des membres inférieurs, dans l'insuffisance coronaire et dans les accidents
vasculaires cérébraux des sujets jeunes.
Le tabac abîme les artères
Les artères ne sont pas de simples tuyaux, mais un véritable
organe, travaillant en continu, qui achemine le sang vers les lieux où il
doit participer à des échanges.
La paroi vasculaire est constituée de 3 couches :
• Les cellules endothéliales, ou intima, en
contact direct avec le sang, sont un véritable organe (masse estimée à
3,4 ou 4 kg) : très résistantes et très
jointives
, elles ont une durée de vie très longue (plus de 20 ans) sauf si elles
sont agressées ; elles sont alors remplacées par d'autres cellules, de
moins bonne qualité.
• La média est la couche intermédiaire
musculaire : cellules musculaires lisses, fibres élastiques et collagène.
• L'adventice est la couche la plus externe,
contenant vaisseaux nourriciers et nerfs.
Le tabac abîme les artères. De façon indirecte, la
nicotine inhalée avec la fumée de tabac arrive au cerveau en quelques
secondes, sous forme de "shoot" et stimule les récepteurs
nicotiniques des neurones. Certaines hormones sont alors sécrétées, en
particulier la vasopressine et l'ACTH :
• la vasopressine agit sur la média des artères,
entraînant une vasoconstriction (ressèrrement par contraction) ;
• l'ACTH va stimuler la glande surrénale qui, elle-même,
va alors secréter de l'adrénaline (hormone du stress), venant renforcer la
vasoconstriction. Ainsi, après chaque cigarette fumée, la température des
mains chute de 4,5° et celle des pieds de 3,9.
Ces vasoconstrictions répétées entraînent le
vieillissement précoce de ces cellules.
La présence de monoxyde de carbone(CO) fixé à l'hémoglobine
dans le
sang circulant
et l'augmentation du
fibrinogène circulant
ont une action toxique directe sur
l'endothélium vasculaire
.
Le cholestérol circulant (
LDL
), souvent augmenté chez le fumeur, va aussi pouvoir se fixer sur les
parois des vaisseaux et faire le lit de l'
athérosclérose
.
La viscosité sanguine est augmentée chez les fumeurs :
davantage de globules rouges, pour compenser ceux qui sont accaparés par le
CO et les plaquettes sanguines (cellules intervenant dans la coagulation)
ont tendance à s'agglutiner, d'où un risque accru de thrombose.
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Cœur et vaisseaux : complications
cardio-vasculaires
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• L'artériopathie
athéromateuse
des membre inférieurs, ou artérite. C'est la résultante des effets
répétés de la vasoconstriction(resserrement par contraction), de
l'atteinte des cellules
endothéliales
en particulier par le monoxyde de carbone circulant et des dépôts de
fibrinogène et de cholestérol dans la paroi des vaisseaux.
Elle est augmentée chez le diabétique et se manifeste
par des douleurs à la marche prolongée. La diminution du "périmètre
de marche" peut aller de 800 m. à 50 m. : le fumeur est obligé de
s'arrêter quelques instants avant de reprendre sa marche.
L'arrêt du tabac en stoppe l'évolution et entraîne
une amélioration notable mais la poursuite du tabagisme peut aboutir à
une obturation complète et à une amputation de l'artère(illustration 19
et 20).
• La thrombo-angéite oblitérante (non athéromateuse)
ou maladie de Burger. C'est une maladie d'allure inflammatoire qui
touche surtout les artères de moyen et de petit calibre, chez des adultes
jeunes (moins de 30 ans) et gros fumeurs. Cette artérite gravissime
conduit à des amputations répétées. Le seul traitement est l'arrêt
immédiat du tabac.
• Tabac et maladie coronaire. Le risque
d'atteinte des artères coronaires est multiplié par 3 par rapport à un
non-fumeur pour plus de 20 cigarettes /j. Chez la femme jeune, qui fume
plus de 20 cig./j, l'atteinte coronaire est 20 fois plus importante que
chez celle qui ne fume pas.
• Infarctus du myocarde. Les artères
coronaires, en partie obstruées, n'irriguent plus suffisamment le muscle
cardiaque et entraînent une nécrose partielle de ce muscle. Le risque
relatif d'infarctus du myocarde et de mort subite peut atteindre 5,2 %
chez des fumeurs de plus de 20 cig./j. L'arrêt de tabac, impératif sous
peine de rechute pouvant être mortelle, réduit le risque de rechute de
50 % en 1 an. La femme de moins de 40 ans, grosse fumeuse de longue date,
n'est pas épargnée. L'association pilule et tabac est retrouvée dans 75
à 90 % des cas.
• Tabac et lésions aortiques. Le risque de décès
par anévrysme de l'aorte abdominale est 2 à 3 fois plus élevé chez le
fumeur que chez le non-fumeur.
• Tabac et hypertension artérielle. Le
tabagisme a un effet hypertenseur essentiellement aigu. Fumer 1 cigarette,
en inhalant la fumée, entraîne une élévation de la tension de 11 mmHg
pour la
pression systolique
et de 9
mmHg
pour la
pression diastolique
(effet vasopresseur de la nicotine inhalée par stimulation du
système sympathique
et sécrétion de
vasopressine
).
Cette élévation de la tension ne se retrouve pas en
continu. Par ailleurs, le tabac aggrave chez le sujet
hypertendu
le risque d'hypertension maligne, du fait de la
sténose
(rétrécissement) de l'artère
rénale
. Le tabac diminue l'effet antihypertenseur des bêtabloquants (médicaments
de l'hypertension).
• Tabac et phlébite. Le tabac en augmente le
risque chez la femme jeune, sous contraceptif oral.
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Cœur et vaisseaux : tabagisme passif
Le tabac majore les effets du syndrome de Raynaud.
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Cœur et vaisseaux :
tabagisme passif
Le tabagisme passif (inhalation involontaire de la fumée
par un non-fumeur) augmente de façon significative le taux de carboxyhémoglobine
(monoxyde de carbone fixé à l'hémoglobine) et diminue la résistance à
l'effort.
L'exposition passive à la fumée augmente
l'agrégation plaquettaire
et provoque des lésions endothéliales (vaisseaux et cœur).
Chez un non-fumeur séjournant pendant une heure dans une
pièce avec plusieurs fumeurs, le taux de carboxyhémoglobine peut passer de
1 à 2% et plus, comme si le sujet avait fumé deux à quatre cigarettes. Il
est démontré aujourd'hui une augmentation d'environ 30 % du risque
d'infarctus du myocarde ou de décès par
cardiopathie ischémique
chez les non-fumeurs vivant avec des fumeurs. Il existe
un effet dose-réponse
significatif. Il s'agit d'une réalité méritant une attention particulière
dans les mesures de prévention.
Le tabagisme passif apparaît responsable de 1 à 3 décès
excédentaires pour 100 habitants, or le seuil généralement considéré
comme acceptable lors de la définition des normes pour la toxicité des
produits dans l'environnement est de 1 décès pour 100 000 habitants.
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Appareil digestif
Le tabac favorise les ulcères gastro-duodénaux et
le cancer de l'œsophage. La nicotine agit directement sur la muqueuse
intestinale, venant majorer certaines affections.
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Les ulcères
gastro-intestinaux
Ils sont grandement influencés par le tabagisme. En
effet, la nicotine augmente les sécrétion acides de l'estomac et réduit
la sécrétion bicarbonatée du pancréas. Elle inhibe aussi la fabrication
par la muqueuse gastrique d'un élément protecteur anti-ulcéreux. De
nombreux fumeurs de longue date se plaignent d'acidités gastriques ou ont déjà
fait un ulcère gastrique ou duodénal.
Par ailleurs, le tabagisme réduit les effets des différents
traitements anti-ulcéreux, les rendant moins efficaces. C'est vrai non
seulement pour les
agents antisécrétoires
, mais aussi pour les antibiotiques et l'éradication de la bactérie
responsable des ulcères, qui est Helicobacter pylori. La présence
au long cours de cette bactérie est un facteur favorisant du cancer de
l'estomac. Les récidives d'ulcère sont aussi plus nombreuses. Par
ailleurs, la nicotine inhalée avec la fumée agit sur les muscles lisses
gastriques et intestinaux et favorise les
reflux gastro-œsophagiens
et
duodéno-gastriques.
Le cancer de l'œsophage
C'est le plus courant des cancers non-respiratoires
associé au tabagisme. Le risque de cancer augmente avec la durée du
tabagisme et diminue à l'arrêt de la consommation de tabac. L'origine en
serait le contact avec les composés cancérogènes de la fumée de tabac :
les composés toxiques de la fumée condensés dans le pharynx et dans le
mucus provenant des bronches sont déglutis, exposant directement la
muqueuse de l'œsophage à des concentrations importantes de composés cancérigènes.
On estime que 80 % des décès par cancer de l'œsophage
sont attribuables au tabac. Il faut savoir que les effets du tabac et de
l'alcool se multiplient. Ainsi, chez les non-fumeurs ou chez les fumeurs
fumant moins de 9 cigarettes par jour, le risque de cancer de l'œsophage
est 18 fois plus élevé chez les buveurs de plus de 1 litre de vin par jour
(80 g d'alcool), que chez les buveurs de moins d'un demi-litre de vin par
jour.
Troubles intestinaux
La nicotine agit sur les muscles lisses gastriques et
augmente le
péristaltisme
intestinal. Pour certains fumeurs, l'accélération du transit qui en résulte
peut être à l'origine de diarrhées prolongées, sans cause apparente et
qui cessent à l'arrêt du tabac. La première cigarette du matin stimule la
motricité intestinale et déclenche l'envie d'aller à la selle. Ainsi,
pour de nombreux fumeurs, c'est un moyen instinctif de lutte contre la
constipation : lors de l'arrêt du tabac, il n'est pas rare de voir
s'installer uns constipation passagère sur 2 ou 3 semaines.
Par ailleurs, la nicotine aggrave la
maladie de Crohn.
Le tabagisme doit être impérativement interrompu sous peine de
non-efficacité du traitement
La nicotine améliore les phénomènes inflammatoires de
la
rectocolite-ulcéro-hémorragique
. L'arrêt du tabac peut provoquer une reprise des crises.
Si l'arrêt du tabac est toujours souhaitable, il peut
s'avérer utile de conseiller, aussi longtemps que nécessaire, un
traitement nicotinique substitutif.
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Appareil génital
La consommation de tabac affecte l'appareil génital
masculin et féminin.
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La consommation de tabac affecte l'appareil génital
masculin et féminin. Cette atteinte se traduit par une baisse de la fertilité
et de la fécondité, par des affections cancéreuses du col de l'utérus chez
la femme jeune et par des problèmes vasculaires générateurs d'impuissance
chez l'homme. Quant aux risques du tabagisme pendant la grossesse, ils sont démontrés.
L'appareil génital est, comme l'appareil
cardio-vasculaire ou l'appareil respiratoire, concerné par le tabagisme, de
façon directe par les composants gazeux de la fumée qui passent dans la
circulation et de façon indirecte par les phénomènes vasculaires induits
par l'effet de la nicotine inhalée au niveau cérébral.
Fécondité et fertilité
Le tabagisme affecte la fécondité des femmes et la
fertilité des hommes.
Le délai nécessaire à la conception est plus long chez
les femmes fumeuses et ce d'autant plus que la quantité de tabac fumée est
plus importante. Il suffit parfois qu'une femme fumeuse qui ne réussit pas
à démarrer une grossesse stoppe sa consommation de tabac pour qu'une
grossesse se déclare dans les 2 ou 3 mois.
De même, il n'est pas rare de voir en consultation de stérilité,
pour fécondation in vitro, un couple où l'homme et la femme sont
des fumeurs importants. Le premier conseil doit être celui de l'arrêt du
tabac. S'il n'est pas obtenu et si une fécondation in vitro est réalisée,
les résultats seront la plupart du temps décevants.
Plusieurs explications existent. Chez la femme fumeuse,
la
glaire cervicale
du col de l'utérus concentre les hydrocarbures de la fumée et certains
métabolites
de la nicotine, devenant alors plus épaisse. Cette modification de la
glaire cervicale peut se voir à l'examen gynécologique avec le
colposcope.
Par ailleurs, la présence de cotinine (principal métabolite de la
nicotine) dans le
fluide folliculaire
est associé à une diminution du taux d'
ovocytes
mûrs. Les effets du tabac se manifestent aussi sur la viabilité de
l'ovocyte, la
mobilité tubaire
, la division embryonnaire, la croissance de l'embryon et son implantation
au niveau de l'utérus.
Chez l'homme le tabagisme affecte négativement la
mobilité des spermatozoïdes (illustration 8=
spermatos Pecub).
Le cancer du col de l'utérus
Les femmes fumeuses y sont plus exposées que les autres.
Pendant longtemps il fut considéré que la survenue plus fréquente du
cancer du col de l'utérus n'était qu'un effet de confusion avec l'activité
sexuelle : on considérait que les femmes fumeuses avaient davantage de
partenaires sexuels et donc de chances de contracter des maladies
sexuellement transmissibles. Il est admis aujourd'hui que le tabagisme
favorise le cancer du col de l'utérus (lié à une infection par le
papillome
humain HPV) dont les modifications de la glaire cervicale font le lit. Il
s'y rajoute l'effet néfaste du tabac sur le système immunitaire, influençant
de façon négative la réponse aux virus sexuellement transmissibles. Le
risque augmente à partir de 10 cigarettes/j ; il est multiplié par 2 entre
10 et 20 cigarettes /j et par 4 au-delà de 20 cigarettes /j. Le tabac joue
ici un rôle de co-facteur très important. Il en est de même pour d'autres
néoplasies
intra-épithéliales
vaginales et vulvaires.
Un facteur d'impuissance
Les complications vasculaires du tabagisme n'épargnent
pas les
artères honteuses internes
impliquées dans le mécanisme d'érection chez l'homme.
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Grossesse et tabac
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Le tabagisme est à l'origine de nombreuses
complications pendant la grossesse : le fœtus d'une femme enceinte
fumeuse reçoit directement par la circulation placentaire tous les composés
gazeux toxiques de la fumée de tabac.
Cependant 25 % des femmes enceintes, très dépendantes,
fument aujourd'hui pendant leur grossesse (elles n'étaient que 10 % en
1992). Ce chiffre s'explique par le nombre de plus en plus important de
jeunes filles fumeuses, qui n'arrivent pas à cesser leur consommation du
fait de leur dépendance. Plus la femme fume au cours de la grossesse,
plus les risques pour le déroulement de la grossesse et le futur bébé
sont importants.
Les risques
• Fausses couches spontanées : le risque est
multiplié par 3 chez la femme fumeuse mais est également augmenté chez
une femme enceinte non-fumeuse, mais exposée à un tabagisme passif au
moins une heure par jour.
• Grossesse extra-utérine : le risque est
multiplié par :
• 1,5 pour 5 à 10 cigarettes/jour ;
• 3 pour 20 cigarettes/jour ;
• 5 pour plus de 30 cigarettes/jour.
• Hématome rétro placentaire : 15 à 25 %
des
hématomes rétro placentaires
sont attribuables au tabagisme, avec une
relation dose-dépendante
; les effets néfastes du tabac sur la
vascularisation placentaire
s'estompent dès l'arrêt de l'intoxication.
• Placenta inséré trop bas (Placenta praevia)
: le risque est multiplié par 2 à 3 et diminue en même temps que
l'intoxication tabagique.
• Rupture prématurée des membranes : le
risque est multiplié par 2 ; avant 34 semaines, le tabagisme multiplie
par 3 le risque de rupture prématurée des membranes. Parmi les différentes
hypothèses, on retiendra l'augmentation locale de la concentration du
Platelet Activing Factor
qui stimule la production de prostaglandines, la plus grande fréquence
des
chorioamniotite
s,
l'hypoxie membranaire
, la réduction du taux
d'acide ascorbique
essentiel au maintien au maintien du collagène et expliquant la
fragilisation des membranes.
• Le retard de croissance intra-utérin pour le fœtus
: la taille et le poids de naissance sont diminués. Les effets du
tabac sur le développement fœtal sont connus mais sous-estimés et réduits
souvent, dans l'esprit du public, à une simple diminution du poids de
naissance de 150 à 250 g. Or, cette hypotrophie, d'installation rapide,
avec une réceptivité particulière du fœtus au 3e trimestre,
atteint non seulement le poids, mais aussi la taille. En dehors de l'effet
vasoconstricteur
de la nicotine inhalée sur les artères ombilicales, intervient l'effet
toxique du monoxyde de carbone qui se concentre chez le fœtus, ainsi que
du
cadmium
de la fumée qui capte le zinc, essentiel à la croissance.
• Le risque d'accouchement prématuré (avant
la 37e semaine) est multiplié par 2. En partie expliqué
par le taux croissant de jeunes filles fumeuses, le taux de grands prématurés
a augmenté ces dix dernières années en France.
A savoir : la nicotine pourra être dosée dans les
cheveux du bébé à la naissance, de même que des composés cancérogènes
(amines aromatiques) seront retrouvés dans les premières urines.
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Phénomène, syndrome et maladie de Raynaud...
Le phénomène de Raynaud, probablement le plus
connu des acrosyndromes vasculaires, est un trouble vasomoteur
paroxystique à réaction vasoconstrictrice franche, totalement réversible
en quelques minutes.
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Le phénomène de Raynaud est un accès de
vasoconstriction digitale, parfois décrit comme une sensation de doigt
mort. Plus fréquent chez la femme (60 % des cas), il survient volontiers
sur un terrain d'hypersensibilité au froid. Il est dit essentiel ou
primaire lorsqu'il est indépendant de toute autre affection (on parle alors
de maladie de Raynaud), et secondaire lorsqu'il s'intègre dans le cadre
d'une autre affection connue ou à déterminer (on parle alors de syndrome
de Raynaud). Il s'agit d'un acrosyndrome fréquent, affectant 5 à 20 % de
la population selon le sexe et les conditions climatiques.
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Phénomène
de Raynaud
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Le phénomène de Raynaud touche un ou plusieurs doigts
de façon unie ou bilatérale, et s'étend de l'extrême bout du doigt à
une distance variable vers la racine du ou des doigts, avec une limite
nette. Il évolue typiquement en trois phases : phase de syncope avec pâleur
franche et aspect de doigt mort (insensible), puis phase cyanique ou
asphyxique, enfin phase hyperémique avec rougeur. Ces trois phases ne sont
pas constantes, la crise vasomotrice pouvant se réduire à la phase de pâleur
; la notion d'accès paroxystique, le caractère bien délimité de la pâleur
en bout de doigt, et le défaut de sensibilité de la pulpe digitale qui
l'accompagne font alors évoquer un phénomène de Raynaud.
Il dure quelques minutes, et excède rarement une heure.
Il est souvent déclenché par le contact avec le froid ou l'inhalation
d'air froid, plutôt en cas de froid humide que de froid sec. L'ampleur de
la variation thermique est plus importante que le degré thermique lui-même
: par exemple, l'entrée dans une chambre froide à 15° C humide peut plus
facilement déclencher un phénomène de Raynaud qu'une température de 5°
C avec atmosphère sèche. Il peut aussi être déclenché par une émotion,
avouée ou non. Il peut survenir de façon inopinée, et son déclenchement
volontaire à des fins diagnostiques ne fonctionne pas toujours, même dans
des conditions extrêmes. Le phénomène de Raynaud lui-même peut être gênant
voire invalidant, mais il ne se complique jamais de trouble trophique ou de
gangrène.
Le diagnostic du phénomène de Raynaud est d'abord
clinique, basé sur un interrogatoire méthodique précisant la crise
vasomotrice (mode de survenue, intensité, durée, doigts concernés, fréquence
de répétition des crises, ancienneté du trouble) et le contexte dans
lequel il survient. Il peut arriver que la description soit floue ou que le
phénomène soit atypique ; on cherchera alors à faire la preuve du spasme
digital au froid par des techniques de thermométrie ou de mesure de
pression digitale.
L'enquête étiologique devant un phénomène de Raynaud
s'appuie sur des données d'interrogatoire, un examen clinique méthodique
et quelques examens complémentaires dont la capillaroscopie au lit de
l'ongle. La nature et l'ampleur du bilan réalisé dépendront du contexte.
Un phénomène de Raynaud peut être lié à une
affection professionnelle ou traumatique (maladie des engins vibrants,
microtraumatismes vasculaires professionnels ou sportifs de la main ou du
membre supérieur, intoxication au chlorure de polyvinyle), à une affection
artérielle (artériopathie digitale de causes diverses, notamment le grand
tabagisme, micro-embolies de causes diverses, notamment l'ulcération artérielle
sur syndrome de la traversée thoraco-brachiale), à une maladie dite de
système ou une vascularite (sclérodermie systémique, syndrome de Sharp,
dermatomyosite, lupus érythémateux disséminé, polyarthrite rhumatoïde,
cryoglobulinémie).
Il peut s'agir aussi d'une affection endocrinienne (thyroïdite,
hypothyroïdie, acromégalie), d'effets secondaires de certains médicaments,
voire de cause rare comme une tumeur glomique digitale. Ces syndromes de
Raynaud peuvent être révélateurs de l'affection en cause (cas des artériopathies
digitales, de la sclérodermie) ou faire partie du tableau d'une quelconque
de ces affections.