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Qu'est-ce que c'est ?
Le scanner ou tomodensitométrie (TDM) est une méthode
d'exploration basée, comme la radiographie conventionnelle, sur les
propriétés des rayons X.
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C'est un des progrès les plus considérables en radiologie
depuis la découverte des rayons X par R÷ntgen en 1895.
Dès les années 30, le radiologue hollandais
Ziedses-des-Plantes
établit les principes de base de la tomographie couplée à un ordinateur.
Ce n'est que dans les années 60 que les éléments indispensables à sa réalisation
sont réunis. Se basant sur les travaux de
Oldendurf
(1961), Hounsfield arrive en 1969 à mettre au point le scanner de première
génération. Les premières applications concernent surtout le crâne et
son contenu. Depuis, le champ d'application du scanner s'est étendu au
corps entier, y compris aux voies urinaires.
Le scanner donne des images en coupes transversales du
corps humain ou d'un de ses segments.
Fonctionnement du scanner
Un ou plusieurs faisceaux de rayon X traversent le corps
en le balayant par tranches successives et, plus récemment, selon un
mouvement hélicoïdal continu. On étudie leur cheminement au travers des
tissus et on réalise une image anatomique en coupe, dont les contrastes et
les détails sont fonction de la pénétration et de l'absorption de ces
rayons dans les diverses couches du corps. Les nuances ainsi obtenues dépendent
de la densité du tissu exploré.
Pour une exploration de l'appareil urinaire, le patient
doit se présenter à jeun. Il ne doit pas avoir subi d'examen radiologique
avec produit de contraste les jours précédents, ce qui risquerait de gêner
l'interprétation.
Au début de l'examen, une perfusion est mise en place au
pli du coude pour pouvoir, si nécessaire, injecter par voie intraveineuse
le produit iodé. Comme en
urographie
, il sera capté par les reins puis éliminé par les voies urinaires qui
seront ainsi plus visibles.
Toutes les images obtenues sont enregistrées. Elles
peuvent parfois faire l'objet de reconstitutions tridimensionnelles et,
puisque les voies urinaires sont opacifiées, on peut réaliser au besoin
des clichés d'urographie classique dans le même temps que l'exploration
par scanner.
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Quel intérêt ?
L'uroscanner permet une étude anatomique précise
des reins, des voies urinaires et de leur environnement.
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Comme l'échographie, et, plus récemment, l'imagerie par
résonance magnétique (IRM), la tomodensitométrie (TDM), ou scanner, basé
sur les propriétés des rayons X donne des images en coupe des organes ou
de la région explorée.
C'est un examen "anatomique". Il permet
de découvrir des anomalies morphologiques des reins (kystes, tumeurs,
variations de taille ou de forme).
C'est aussi un examen fonctionnel. L'injection de
produit de contraste couplée à certains programmes d'exploration des
images, donne une idée précise du développement des vaisseaux dans un
tissu ou un organe (vascularisation), en l'occurrence des reins et de leur
fonctionnement. Le produit de contraste est capté, concentré puis évacué
par les voies urinaires.
Enfin les récentes techniques de reconstruction
tridimensionnelle peuvent privilégier l'étude de certains composants : les
vaisseaux du rein, la
veine cave
et l'
aorte
par exemple.
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Pourquoi ? (1)
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L'uroscanner permet l'exploration des reins, mais aussi de
la prostate et de la vessie.
L'uroscanner peut être demandé en urgence (à la
suite d'un traumatisme, d'une infection urinaire aiguë, d'une insuffisance
rénale d'apparition brutale, d'un signe de rejet sur rein greffé) et en
dehors de l'urgence (recherche d'une tumeur ou de lésions chroniques,
surveillance d'une pathologie déjà connue ou en cours de traitement. La
vessie et la prostate peuvent également être explorées par la
tomodensitométrie ou scanner (lire Indications : la prostate et la vessie).
Les contre-indications absolues au scanner sont
rarissimes. Seront écartées les femmes enceintes (au cours du premier
trimestre de la grossesse surtout). Certains facteurs de risque (passé
allergique, affections cardiaques, pulmonaires, diabète) seront pris en
compte. On évitera enfin l'examen dans les jours suivants une exposition
radiologique avec produit de contraste (estomac, intestin grêle, côlon).
Les reins
On diagnostique une tumeur rénale si on constate : une
anomalie des contours du rein, une hypertrophie localisée du tissu
cortical, un épaississement d'une lèvre du hile, la présence d'une
"masse" de densité différente ou non du tissu rénal avoisinant.
On distingue trois types de pathologies :
les syndromes tumoraux qui ne concernent pas les
tissus : kystes simples à contenu purement liquide ; kystes multiples,
polykystose. Ici, la mesure de la densité est primordiale. Tout kyste ayant
une densité supérieure à 20 unités
Homsfield
(UH) devant être considéré comme suspect.
les syndromes tumoraux bénins :angiomes,
angiomyolipome
,
oncocytomes
, tumeurs à
rénine
(rare).
les syndromes tumoraux malins se caractérisent
par :
• l'
adénocarcinome
à petites cellules. C'est le cancer du rein le plus fréquent. Il est découvert
plus facilement depuis la pratique de plus en plus fréquente des examens
d'imagerie modernes, en particulier de l'échographie. Au scanner, il apparaît
une masse, tumeur rénale plus ou moins régulière, hétérogène, parfois
calcifiée. Après injection, la lésion apparaît souvent très
vascularisée
, avec de fréquentes zones
nécrosées
. Le scanner permet la recherche d'une extension
locorégionale
, veineuse et lymphatique.
• des métastases rénales uniques ou multiples.
Elles sont le résultat de l'envahissement du rein par des cellules
malignes, issus le plus souvent d'un cancer développé à distance (
mélanome
, poumon, rein, pancréas, sein). Dans ces cas, on est parfois amenés à
pratiquer une ablation d'un fragment de tumeur (biopsie) pour reconnaître
la lésion d'origine (primitive).
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Pyélonéphrite aiguë
: la TDM est utile pour les renseignements qu'elle fournit sur l'état du
parenchyme
rénal, la loge rénale et les voies excrétrices. Elle va permettre de différencier
pyélonéphrite primitive, isolée, ou pyélonéphrite secondaire, consécutive
à une anomalie préexistante des voies urinaires. Seuls les clichés avec
injection de produit de contraste peuvent visualiser les zones très denses
provoquées par l'atteinte infectieuse.(affectieuse ?)
• Abcès du rein : les zones de faibles densités ou
ischémiques
ont laissé la place à une cavité purulente, souvent entourée d'un liseré
hyperdense.
La TDM va intervenir chaque fois que l'échographie est
insuffisante. On peut distinguer les complications chirurgicales de la
transplantation (survenant dans les suites immédiates), des complications médicales,
plus ou moins tardives.
Les complications chirurgicales :
• Lymphocèle : collection liquidienne située souvent
au-dessous du pôle inférieur du rein greffé (greffon), contenant du
liquide lymphatique, homogène,
avasculaire
, non cloisonné.
• Urinome : collection liquidienne située au niveau du
hile, ou en périphérie du greffon, contenant de l'urine qui s'opacifie
lentement après injection du produit de contraste.
• Abcès : collection liquidienne plus dense, hétérogène,
souvent accompagnée d'un syndrome infectieux.
• Hématome : collection hyperdense (sang frais) ou
hypodense entourée d'une coque prenant le produit de contraste (hématome
plus ancien).
Les complications médicales de la greffe rénale
peuvent être diagnostiquées par TDM : pyélonéphrite, trouble de la
perfusion rénale. Les dysfonctionnements du rein greffé seront plutôt
explorés par IRM.
L'exploration TDM est impérative en cas de traumatisme
grave, permettant d'apprécier les lésions du parenchyme rénal (fracture,
déchirure), les ruptures des voies excrétrices et les ruptures
arterio-veineuses, qui constituent une urgence chirurgicale externe. Les séquelles
de traumatisme (rétrécissement des voies excrétrices,
collections périrénales
, infectées ou non) pourront également être explorées par TDM.
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Pourquoi ? (2)
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La vessie
Le scanner ou tomodensitométrie (TDM) et l'imagerie par
résonance magnétique (IRM) n'ont pas d'indication formelle dans le
diagnostic des tumeurs de vessie. La
cystoscopie
va préciser de façon exacte le siège, le nombre et l'aspect macroscopique
des tumeurs.
Si les résultats de la cystoscopie concluent à une
tumeur infiltrante
, TDM et IRM donnent des précisions sur l'envahissement des tissus de
voisinage. Ces deux méthodes permettent aussi de mesurer l'extension à la
paroi de la
vésicule
de tumeurs
pelviennes
(rectum, utérus).
Les
cystites
, inflammatoires ou infectieuses, ne sont pas une indication de TDM ou d'IRM.
D'autres affections plus rares (tuberculose,
bilharziose
) donnent des images non spécifiques pouvant égarer le diagnostic.
Les abcès, les fistules
vésico-pelviennes
sont en revanche bien étudiées.
Les ruptures de vessie ou de l'urètre avec épanchement
(suffusion) d'urine dans les tissus voisins donnent des images caractéristiques.
L'exploration est systématique dans le bilan des traumatismes multiples ou
des traumatismes du bassin.
Surveillance après traitement
Devant une complication post-opératoire précoce, la TDM
est indiquée notamment dans le bilan d'une
collection
pelvienne, d'un hématome, d'un abcès.
Dans le suivi du patient, la recherche de récidive
tumorale pourra être réalisée devant toute manifestation anormale :
douleur, œdème des membres inférieurs, troubles fonctionnels urinaires.
La prostate
Les examens d'imagerie font partie du bilan, mais ne sont
pas toujours systématiques, surtout dans les stades peu évolués. L'échographie
serait plus performante que la TDM si on diagnostique une extension de la
maladie à la capsule prostatique. Le médecin appréciera l'efficacité de
chacune des méthodes en fonction du stade de l'évolution présumée du
cancer.
C'est l'hypertrophie bénigne de la prostate -adénome- où
la TDM et l'IRM ne sont en général pas employées. L'échographie est en
revanche une des pièces maîtresses du bilan de cette pathologie.
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Résultats normaux
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Les reins
Ils se situent à hauteur de la dernière vertèbre
dorsale et des deux premières vertèbres lombaires. Leurs dimensions chez
l'adulte sont de 5 à 6 cm de longueur, 4 cm d'épaisseur et 10 à 12 cm de
hauteur.
Les contours sont réguliers, avec parfois persistance
d'encoches correspondant à la
lobulation
fœtale. L'orientation des reins dans l'espace est constante à l'état
normal mais peut être perturbée dans certaines conditions pathologiques.
La densité du tissu rénal avant injection de produit de contraste (utilisé
pour l'examen par scanner) est voisine de celle du muscle, légèrement
variable avec l'état d'hydratation du sujet. Après injection, cette densité
augmente de façon variable selon l'état fonctionnel du rein et la méthode
d'injection.
Une étude séquentielle permet de mettre en évidence,
dans l'ordre de leur application :
• le tissu rénal périphérique ;
• le tissu rénal interne (pyramides) ;
• les cavités excrétrices (calices, bassinet).
L'environnement des reins est compris dans l'espace situé
entre la cavité abdominale en avant, la colonne vertébrale et la paroi
lombaire en arrière (espace retro péritonéal).
Il contient des éléments musculaires (muscles psoas, séparant
le bord interne du rein de la colonne vertébrale lombaire), des ganglions,
des organes digestifs tels le pancréas et une partie du tube digestif (duodénum,
segments du côlon).
Les divers éléments sont entourés de graisse et de
membranes fibreuses ("les
fascias
") délimitant divers compartiments anatomiques.
La vessie
La vessie se situe au milieu de la cavité pelvienne, ou
petit bassin, cavité constituée d'une ceinture osseuse (
os iliaques
,
sacrum
,
coccyx
) sur lesquels s'insèrent différents muscles ou ligaments. Le centre de
cette cavité est donc occupé par les voies urinaires basses, y compris la
prostate, et des structures digestives (côlon sigmoïde et rectum en
particulier). Divers éléments vasculaires, nerveux et lymphatiques
traversent aussi cette région, le tout étant entouré de zones constituées
de cellules graisseuses. Chez la femme, utérus et annexes vont prendre
place entre la vessie en avant et le rectum en arrière.
En tomodensitométrie (TDM), les parois de la vessie
normale pleine ont environ 3 mm d'épaisseur. Son contenu liquide, va
s'opacifier en cours d'injection de produit de contraste. On ne peut différencier
en TDM les différentes couches constituant la paroi vésicale, d'où
l'impossibilité de différencier les atteintes tumorales muqueuses et sous
muqueuses des atteintes musculaires.
La prostate
La prostate, glande sexuelle masculine en forme de châtaigne,
base orientée vers le haut et sommet orienté vers le bas, se situe juste
au-dessous de la vessie. Elle est traversée par un segment de l'urètre et
les canaux éjaculateurs issus des vésicules séminales, elles-mêmes situées
en arrière de la base prostatique, au-dessous de la vessie.
La prostate n'est pas étudiée de façon systématique
lors de l'uroscanner.