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Purpura thrombopénique de l'enfant
(1169 mots dans le texte )
(lu: 5770 fois)
Définition
Le purpura
est une éruption sur la peau faite de pétéchies larges comme une tête d'épingle,
rouges au début, correspondant à des minuscules taches de sang sous la peau.
Ces éléments ne s'effacent pas lorsqu'on appuie dessus avec le doigt
contrairement aux éruptions type rougeole ou rubéole. Des ecchymoses, des hématomes,
des saignements des muqueuses sont souvent associés.
Ces signes
sont dus à la chute du nombre des plaquettes dans le sang (thrombopénie).
Les
plaquettes sont des cellules qui permettent la coagulation.
Le chiffre
normal est autour de 300 000 plaquettes/mm3.
En
pratique, les hémorragies des muqueuses ne surviennent que pour des taux de
plaquettes inférieurs à 50 000/ mm3. Le temps de saignement (TS)
est très augmenté.
Causes
La baisse
du taux de plaquettes dans le sang peut provenir :
-
d'une
diminution de la production par la moelle des plaquettes (leucémie, aplasie
médullaire etc)
-
d'une
destruction accélérée des plaquettes circulantes lors d'infections (hépatite
virale, rougeole, rubéole, varicelle, oreillons, mononucléose infectieuse,
typhoïde, toxoplasmose, paludisme…), par suite de phénomènes
immuno-allergiques (après la prise de quinine, phénobarbital, pénicillamine,
phénylbutazone, aspirine, thiazides, Lasilix, Diamox, indométacine,
Digoxine, héparine, calciparine, Buscopan, diphénylhydantoïne, carbamazépine,
clonazépam, valproate de sodium, primidone, nitrofurantoïne, sels d'or,
sulfamides, antibiotiques : ampicilline, tétracyclines, rifampicine, pénicilline,
Céfalotine etc..) ou dans le cadre d'une collagénose.
Le syndrome de Wiskott-Aldrich
est une maladie familiale récessive, liée au chromosome X, comportant un eczéma,
un purpura thrombopénique et une tendance aux infections récidivantes
rhino-pharyngées, cutanées, pulmonaires et méningées.
En
l'absence de traitement spécifique, la thérapeutique comprend les
antibiotiques et les transfusions de plaquettes. L'ablation de la rate corrige
la thrombopénie mais augmente le risque d'infections. La greffe de moelle est
parfois tentée. L'évolution est grave.
Souvent,
on ne trouve pas de cause et on parle alors de "purpura thrombopénique
idiopathique".
Le purpura
thrombopénique idiopathique
(PTI) (maladie de Werlhof)
Symptômes
C'est la
cause la plus fréquente des thrombopénies acquises de l'enfant.
Il y a un
pic de fréquence autour de 5 ans.
La cause
est inconnue mais certaines étiologies virales sont parfois suspectées : rubéole,
rougeole, varicelle, mononucléose infectieuse, infections à cytomégalovirus,
hépatite B, HIV...
On
retrouve parfois dans les jours précédents un épisode fébrile non spécifique
à type de virose ORL.
Le début
est généralement aigu avec des ecchymoses multiples, des saignements de nez,
des pétéchies, un purpura, du sang dans les urines, des saignements de
gencives, du sang dans les selles...
Des hémorragies
graves sont possibles si les plaquettes sont inférieures à 10 000/mm3.
Le fond d'œil
(FO) est indispensable afin de rechercher des hémorragies au niveau de la rétine.
L'hémorragie
cérébrale est un risque majeur.
Le reste
de l'examen clinique est normal. Il n'y a pas de grosse rate.
Examens complémentaires
Le bilan comprend
-
étude
complète de la coagulation sanguine
-
groupe
Rhésus et agglutinines irrégulières
-
dosage
des immunoglobulines
-
hémoculture
si fièvre
-
myélogramme
non systématique effectué seulement en cas de suspicion d'hémopathie
maligne. S'impose si une corticothérapie est prévue
-
test
de Coombs plaquettaire ou test de Dickson confirmant si positif l'origine
immunologique du PTI.
-
test
de Coombs érythrocytaire et recherche de facteurs antinucléaires
L'évolution
est imprévisible. La thrombopénie peut guérir en moins d'un mois, en moins de
trois mois ou durer des années... Des rechutes sont possibles, parfois favorisées
par une infection virale ou une vaccination.
Diagnostic différentiel
S'il
s'agit d'un purpura avec un nombre normal de plaquettes : il peut s'agir de :
-
thrombopathies : maladies de Willebrand, Glanzman etc...
-
purpuras vasculaires : purpura fulminans (méningocoques),
purpura rhumatoïde
S'il
s'agit d'un purpura avec un nombre bas de plaquettes, les causes vues plus haut
doivent être recherchées et la ponction de moelle pour un myélogramme est nécessaire.
Traitement du purpura thrombopénique
idiopathique
Il repose
sur les immunoglobulines en perfusion un jour ou deux jours consécutifs selon
la réponse obtenue. La tolérance est bonne (effets secondaires : frissons, fièvre,
malaise général).
Ce
traitement ne guérit pas définitivement le PTI mais permet de raccourcir la période
de risque hémorragique et d'abréger l'hospitalisation. Une récidive est
possible 3 semaines plus tard (durée d'élimination des immunoglobulines).
Indications
thérapeutiques :
-
PTI > 30 000 plaquettes : pas de traitement
-
PTI < 30 000 plaquettes : immunoglobulines 1 ou 2
jours consécutifs
-
PTI à risque hémorragique sévère : immunoglobulines +
corticothérapie
La
corticothérapie (1 à 2 mg/kg/j pendant 3 semaines puis diminution progressive
sur quelques semaines) est proposée en cas d'échec des immunoglobulines ou en
cas de rechute précoce.
Les
transfusions de plaquettes n'ont pas d'indication dans le PTI sauf en cas d'hémorragie
viscérale.
L'évolution
vers le PTI chronique (au delà de 6 mois/1 an) est rare : 10% des cas. Dans ce
cas le traitement en milieu spécialisé fait appel aux immunoglobulines,
corticoïdes, bolus de solumédrol, interféron alpha.
Dans
certains cas prolongés, une exploration isotopique est réalisée afin de
discuter de l'intérêt d'une splénectomie (ablation de la rate) chez l'enfant
de plus de 5 ans. La splénectomie est très efficace mais après
l'intervention, il faut éviter les surinfections par pneumocoques résistants.
Le vaccin anti-pneumococcique est donc important.
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