Le risque pour une femme de faire un infarctus ou un
accident vasculaire cérébral a désormais rejoint celui des hommes ...
PARIS (AP) - Le risque pour une femme de faire un infarctus ou un
accident vasculaire cérébral a désormais rejoint celui des hommes. En
cause, la cigarette et la contraception, deux facteurs de risques
essentiels qui, chez elles, font des maladies cardio-vasculaires la
première cause de mortalité.
Pour les informer de ce danger, la Fédération française de
cardiologie organise samedi une conférence grand public au Palais des
Congrès à Paris dans le cadre des XVes Journées européennes de la
Société française de cardiologie.
"Les femmes se sont longtemps crues protégées", a expliqué mercredi à
l'Associated Press le Pr Geneviève Derumeaux, cardiologue au Centre
hospitalo-universitaire Louis-Pradel de Lyon). "Jusqu'à la ménopause,
leur risque cardio-vasculaire est inférieur à celui des hommes, mais dès
lors que leur production d'oestrogènes diminue, elles rejoignent le
risque masculin".
"En fumant et en prenant la pilule", a ajouté le Pr Derumeaux, "elles
multiplient leur risque par cinq par rapport aux femmes qui ne fument
pas et n'utilisent pas de contraceptif oral".
Outre ces deux facteurs de risque, les spécialistes mettent les
femmes en garde contre la sédentarité, l'obésité, l'hypertension
artérielle, le diabète ou encore l'hypercholestérolémie.
Après la ménopause, les bouleversements hormonaux entraînent une
hausse progressive du taux de cholestérol et notamment du taux de
mauvais cholestérol. Le cholestérol, substance indispensable à notre
organisme, peut devenir dangereux lorsque son taux dans le sang dépasse
2g/l. Lorsqu'il est en excès, il se dépose sur la paroi des artères,
notamment celles du coeur, formant des plaques graisseuses qui
s'épaississent (athérosclérose) et qui finissent par boucher les
artères.
L'hypertension artérielle constitue également un problème majeur de
santé publique touchant au moins 20% de la population adulte dans la
plupart des pays industrialisés. Si le nombre de femmes hypertendues est
inférieur au nombre d'hommes avant 55 ans, leur nombre augmente
progressivement avec l'âge, pour dépasser celui des hommes dans les
tranches les plus élevées.
Le surpoids et l'obésité, très fréquents chez les femmes ménopausées,
sont souvent à l'origine de cette hypertension artérielle.
"L'originalité de cette conférence", a souligné le Pr Derumeaux, "est
de faire intervenir des spécialistes de différents domaines, notamment
des cardiologues, des rhumatologues, des spécialistes de la coagulation,
des pneumologues, tous féminins et qui s'adresseront aux femmes. Tous
les problèmes seront abordés et des conseils seront donnés". AP