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    Le mystère Alzheimer. Dossier complet
    Posté le Mardi 24 septembre @ 17:33:53
    Age et santé

    Notre espérance de vie augmente et avec elle le risque de développer la maladie d’Alzheimer, qui touche aujourd’hui 434 000 Français de plus de 65 ans. Avec le vieillissement de la population, les experts prévoient que ce chiffre atteindra 600 000 à l’horizon 2020. Un siècle après la description du premier cas, que sait-on de cette pathologie ? Quelles sont ses causes, ses symptômes et ses traitements ? Medico fait le point et porte une attention particulière au dépistage et à la prise en charge de la maladie.





    Une maladie pas comme les autres

    Alzheimer : une maladie pas comme les autresAvec le vieillissement de la population, la maladie d’Alzheimer va devenir une priorité de santé publique. Le nombre de cas devrait selon les estimations atteindre 497 000 dans 10 ans dont 127 800 hommes et 369 000 femmes. Que sait-on de cette pathologie ? Medico fait le point sur les causes, son évolution et les facteurs de risque identifiés.

    Alzheimer : entre certitudes et interrogations

    Le 26 novembre 1901, Aloïs Alzheimer, neurologue allemand, examine pour la première fois une femme de 51 ans qui oublie son nom au fur et à mesure qu’elle l’écrit. C’est en 1906, que le Dr Alzheimer décrira l’évolution de cette maladie particulière et inconnue jusqu’alors qui sera bientôt associée à son nom. Un siècle plus tard, que sait-on de cette affection ?

    La maladie d’Alzheimer touche aujourd’hui en France 434 000 personnes de plus de 65 ans. Le nombre de cas devrait selon les estimations atteindre 497 000 dans 10 ans dont 127 800 hommes et 369 000 femmes.

    Des symptômes et une évolution caractéristiques

    La maladie d’Alzheimer représente plus de la moitié des cas de démences, et près de 75 % des démences séniles.

    Les causes de démence

    Ses symptômes sont caractérisés par des pertes de mémoire sur des faits récents, une disparition des repères dans le temps (alternance jour-nuit) et dans l’espace, des difficultés à reconnaître les objets, des troubles du langage puis de l’agressivité et de l’agitation.

    On nomme parfois ces caractéristiques comme les quatre A : amnésie, aphasie, agnosie et apraxie. La mémoire est en premier lieu atteinte (amnésie), avec l’impossibilité pour le patient d’enregistrer de nouveaux événements. Des troubles du langage apparaissent ensuite (aphasie) et rendent la communication difficile. Le patient peut parfois se murer dans le silence. La maladresse gestuelle (apraxie) s’accompagne de la perte de sensations (agnosie). Le patient ne reconnaît plus son entourage. Dans un état de profonde confusion mentale, il peut adopter des attitudes d’indifférence, de mutisme ou d’agressivité. L’état grabataire est inévitable à terme.

    Les causes de démence

    Des premiers symptômes au décès, on peut compter entre 3 et 20 ans, soit en moyenne une dizaine d’années.

    Encore de nombreux points d’interrogation

    Les causes et les mécanismes de la maladie d’Alzheimer ne sont pas tous élucidés. On peut toutefois souligner qu’il ne s’agit en rien d’un phénomène normal du vieillissement. C’est une véritable pathologie chronique à évolution progressive. Les troubles occasionnés sont dus à l’atteinte des neurones responsables de la mémoire.

    La maladie est ainsi due à deux phénomènes concomitants :

    • L’accumulation anormale de la protéine tau au sein des neurones. Normalement, elle permet d’organiser les réseaux neuronaux. A partir d’un certain âge, elle a tendance à s’accumuler. Ce dysfonctionnement naturel est rencontré chez la totalité des personnes de plus de 70 ans. Mais en quantité excessive, elle peut perturber le fonctionnement des neurones et entraîner leur destruction, appelée "dégénérescence neurofibrillaire" ;
    • L’agrégation de peptides amyloïdes bêta ou Aß toxiques présents en quantité anormale. Ces protéines sont en fait des fragment de dégradation d’une protéine appelée APP. C’est l’accumulation anormale des Aß toxiques qui entraîne la formation des plaques amyloïdes ou "plaques séniles" visibles dans le cerveau des malades.

    Pourquoi ces phénomènes apparaissent-ils chez quelques personnes à partir d’un certain âge ? Les mécanismes constituent un mystère que les chercheurs tentent d’élucider. Aujourd’hui, tous s’accordent à attribuer à la maladie d’Alzheimer une origine multifactorielle. Des études épidémiologiques ont permis de mettre à jour de nombreux facteurs de risques, mais aucune cause bien identifiée.

    David Bême

    Alzheimer : les 10 facteurs de risques

    Contrairement à d’autres affections, les causes de la maladie d’Alzheimer sont difficiles à identifier. Aujourd’hui, les experts s’accordent sur l’influence de plusieurs facteurs, comme pour de nombreuses maladies chroniques. Medico passe en revue les 10 principaux facteurs de risque et de protection.

    Cliquez sur chaque facteur de risque pour découvrir son influence sur la maladie d'Alzheimer.


    1. L’âge et le sexe

    L’âge est très certainement le facteur de risque le plus évident. Le risque de développer la maladie augmente avec l’âge. Selon les dernières estimations, le vieillissement de la population fait aujourd’hui de la maladie d’Alzheimer une priorité de santé publique.

    En France, on parle de 40 % de malades parmi les personnes de plus de 90 ans et de 20 % pour les personnes entre 80 et 84 ans. En clair, dès 2005, la maladie d'Alzheimer touchera près de 660 000 individus.

    En milliers de cas

    Age

    65

    70

    75

    80

    85

    90+

    Hommes

    7,6

    16,3

    15,8

    21

    25,1

    20,7

    Femmes

    10,4

    32,3

    55,5

    48,8

    90,4

    90,8

    Nombre global de malades de 65 ans et plus : 434 700 cas
    dont 106 500 hommes et 328 200 femmes

    Estimation de la prévalence de la maladie d’Alzheimer en 1999 par sexe et par âge en France - Pr J-F Dartigues (Unité INSERM 330 - Forums Alzheimer Janvier 2001)

    L’étude PAQUID1 réalisée en France a montré une différence entre les hommes et les femmes. Cette différence serait particulièrement marquée après 80 ans2. L’influence du sexe reste cependant très controversée. Ces données peuvent être liées aux différences d'espérance de vie et de pathologies associées, différentes chez les deux sexes.

    David Bême, le 16 septembre 2001

    1 - L'étude PAQUID (Quid sur les Personnes Agées), réalisée sous la direction du Professeur J.F. Dartigues et de Madame P. Barberger-Gateau a pour objectif de décrire l'évolution du fonctionnement cérébral après 65 ans, le nombre de démences séniles et en particulier de maladies d'Alzheimer ainsi que leurs déterminants et leur évolution en termes de dépendance et d'entrée en institution. C'est une cohorte de 4 134 personnes âgées de 65 ans et plus vivant à domicile ou en institution tirées au sort dans les départements de la Gironde, dont la distribution d'âge de la population est proche de celle de la France, et de la Dordogne qui est le département dont l'âge moyen de la population est le plus élevé de France. Le très bon taux de participation (70 %) permet d’extrapoler des résultats à la France entière.
    2 - J Neurol Neurosurg Psychiatry 1999 Feb;66(2):177-183


    2. Les facteurs génétiques et héréditaires

    De nombreuses études ont démontré un risque plus élevé d’être atteint si un parent est lui-même déjà touché. Dans les formes familiales de la maladie, trois chromosomes ont été identifiés comme porteurs de gènes impliqués dans le développement de la maladie : le gène APP sur le chromosome 21, le gène PS1 sur le chromosome 14 et le gène PS2 sur le chromosome 1. Il faut savoir que les formes héréditaires de la maladie d’Alzheimer ne concernent que 0,3 % des malades.

    Mais l’hérédité de la forme la plus courante de la maladie (la forme sporadique qui représente plus de 90 % des cas) reste encore aujourd’hui incertaine. On peut tout au plus, identifier des "facteurs de risques génétiques". Au banc des principaux accusés : les chromosomes 10 et 19. Sur ce dernier, l’équipe du Pr. Amouyel de l’INSERM a mis en évidence le gène apoE qui contrôle la production d’une protéine alipoprotéine E. Il existe sous trois formes ou allèles : e2, e3 et e4. Les porteurs de l’allèle e4 sont les plus vulnérables :

    - S’ils ont hérité deux allèles e4, ils ont vingt fois plus de risques de développer la maladie, et quatre fois plus s’ils n’en possèdent qu’un exemplaire. Les "doubles-porteurs" auront également tendance à développer plus tôt la maladie que les personnes qui n’ont hérité qu’un seul allèle e4. Les personnes porteuses d’un seul allèle de ce type développent la maladie plus tôt que les personnes n’en possédant pas.

    Les personnes qui ont hérité de l’allèle e2 sont plus protégés que ceux porteurs de l’allèle e3.

    Le même allèle e4 serait également impliqué dans la perte de poids caractéristique des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer2.

    Plus récemment, c’est le chromosome 10 qui a été accusé de tous les maux. Tout d’abord, deux publications3,4 dans la revue Science identifient en décembre 2000 le chromosome 10 comme porteur d’un gène de susceptibilité sans toutefois pouvoir l’identifier. En juillet 2001, l’équipe du Pr. Zubenko5 identifie une petite zone de ce même chromosome appelée D10S1423 qui lorsqu’il est combiné avec l’allèle e4 du chromosome 19, multiplie par 16 le risque de développer la maladie.

    David Bême, le 16 septembre 2001

    1 - Acta Neuropathol (Berl) 2001 May;101(5):518-524
    2 - Neurology. 2001 Mar 13;56(5):655-9.
    3 - Science. 2000 Dec 22;290(5500):2303-4.
    4 - Science. 2000 Dec 22;290(5500):2304-5.
    5 - Mol Psychiatry. 2001 Jul;6(4):413-9.


    3. Les traumatismes crâniens

    Des études ont montré que des blessures à la tête durant la jeunesse augmentent le risque de développer par la suite la maladie d’Alzheimer. Les chercheurs se sont particulièrement intéressés aux boxeurs victime de démence pugilistique.

    Dans le cerveau de ces sportifs "saouls de coups", les changements moléculaires observés sont identiques à ceux se produisant chez les malades d’Alzheimer. Une récente étude* témoigne de l’accumulation anormale de la protéine tau. Par extension, ces résultats suggèrent que des blessures à la tête pourraient augmenter le risque de développer la maladie d’Alzheimer à un âge plus avancé.

    David Bême, le 16 septembre 2001

    * Acta Neuropathol (Berl) 2001 May;101(5):518-524


    4. L’éducation, l’activité intellectuelle et… l’optimisme

    Le niveau d’éducation semble jouer un rôle important dans le risque de survenue de la maladie d’Alzheimer. Les personnes n’ayant pas poursuivi une longue scolarité (moins de six ans) ont plus de risques d’être atteints. De la même manière, une scolarisation plus importante aurait pour effet de retarder l’apparition des premiers troubles.

    Une récente étude suédoise sur des jumeaux dont l’un est malade a permis de souligner que l’implication intellectuelle plus tôt dans la vie aurait une influence sur la survenue de la maladie.

    Exploitant les données de la très large enquête PAQUID, des chercheurs français ont également pu mettre en évidence l’influence du niveau d’éducation2. En septembre 2001, les mêmes scientifiques de l’INSERM soulignent que les occupations à l’âge adulte ne semblent pas jouer un rôle déterminant contrairement à celles effectuées durant l’enfance et l’adolescence3.

    En suivant des nonnes pendant de nombreuses années, des chercheurs américains4 ont même suggéré que des traits de personnalité comme la sérénité et l’optimisme pourraient avoir un effet protecteur.

    David Bême, le 16 septembre 2001

    1 - J Gerontol B Psychol Sci Soc Sci 2001 Sep;56(5):P292-P300
    2 - J Neurol Neurosurg Psychiatry 1999 Feb;66(2):177-183
    3 - J Neurol Neurosurg Psychiatry 2001 Sep;71(3):303-309
    4 - Ann Neurol. 2001 Feb;49(2):202-13.


    5. Autres maladies

    D’autres pathologies cognitives comme le syndrome de Down ou la démence d’origine thyroïdienne entraînent des détériorations de cellules neuronales semblables à la maladie d’Alzheimer. Pourtant certaines de ces pathologies sont curables, d’où l’intérêt d’un diagnostic exact.

    Plus étonnant, les personnes souffrant d’arthrite ont moins de risque de développer la maladie d’Alzheimer. Mais plus que la maladie elle-même, il semblerait que l’emploi d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) pour soulager les symptômes soit le vrai responsable de cette protection. Des études sont en cours pour évaluer le possible effet protecteur et curatif de ces composés sur la maladie d’Alzheimer1,2.

    David Bême, le 16 septembre 2001

    1 - Prog Neuropsychopharmacol Biol Psychiatry. 2001 Oct;25(7):1341-57.
    2 - Lancet. 2001 Aug 11;358(9280):455-60.


    6. Les habitudes alimentaires

    La consommation de soja aurait un effet protecteur chez les femmes. Ce phénomène serait lié à la présence d’isoflavones, sortes d’hormones féminines végétales. Un manque de certaines vitamines du groupe B, notamment B 9 et B 12, aurait également un lien direct avec le développement de cette maladie1. A l’inverse, un excès d’aluminium pourrait être à l’origine des symptômes2. D’une manière générale, l’équilibre alimentaire durant l’enfance et l’adolescence pourrait jouer un rôle prépondérant dans l'apparition de cette affection3.

    David Bême, le 16 septembre 2001

    1 – Neurology, mai 2001, vol. 56.
    2 - Brain Res Bull mai 2001 ; vol. 55 : p. 253-256 et p.257-267.
    3 – Pediatrics, septembre 1998 ; vol. 102 : p. 602-9.


    7. L’hypertension et le cholestérol

    Une récente étude finlandaise* suggère que les personnes ayant une forte tension artérielle et/ou un taux élevé de cholestérol ont plus de risques de développer la maladie d’Alzheimer à un âge plus avancé. S’ils sont tous les deux présents, la susceptibilité est d’autant plus importante.

    De tels indicateurs avaient déjà été reliés avec une augmentation du risque de maladies cardiovasculaires. Autant de raisons pour surveiller votre alimentation et relire avec attention notre dossier sur les maladies cardiovasculaires.

    David Bême, le 16 septembre 2001

    * BMJ 2001;322:1447-1451 (16 Juin)


    8. Les oestrogènes et le traitement hormonal substitutif

    De nombreuses études semblent accorder au traitement hormonal substitutif (THS) un effet protecteur contre la maladie d’Alzheimer. Ces traitements sont administrés aux femmes pour minimiser les effets indésirables de la ménopause. Mais d’autres ne lui accordent pas les mêmes vertus. Qu’en conclure ? Une revue* des dernières études sur le sujet estime que les données disponibles semblent confirmer l’effet protecteur du THS mais que ces conclusions doivent être interprétées avec précaution. La plupart des études peuvent en effet être l’objet de biais méthodologiques. De plus amples essais cliniques seront nécessaires pour apporter une réponse définitive.

    David Bême, le 16 septembre 2001

    * Int J Fertil Womens Med 2000 Jan;45(1):13-21


    9. L’aluminium

    Le lien possible entre la consommation d’aluminium et la maladie d’Alzheimer est encore l’objet de recherches1. Des études animales ont permis de confirmer la neurotoxicité d’injections d’aluminium. Les fortes concentrations d’aluminium dans les liquides nécessaires au fonctionnement de reins artificiels ont été reliées à des cas de démence2. Enfin, d’importantes concentrations cérébrales d’aluminium ont été rapportées après autopsie du cerveau des malades.

    Une étude française3 s’étendant sur près de huit ans a identifié comme facteur de risque de fortes concentrations en aluminium dans l’eau potable. Neuf des treize études épidémiologiques sur le sujet arrivent aux mêmes conclusions et relient directement la dose au risque de développement de la maladie d’Alzheimer4.

    Faut-il pour autant jeter tous vos ustensiles en aluminium ? Pas vraiment, car leur contribution à l’ingestion d’aluminium reste minime.

    David Bême, le 16 septembre 2001

    1 - Dementia 1996 Jan;7(1):1-9
    2 - Acta Neuropathol (Berl) 1997 Dec;94(6):612-616
    3 - Am J Epidemiol 2000 Jul 1;152(1):59-66
    4 - Brain Res Bull 2001 May 15;55(2):187-196


    10. Le tabagisme

    Différentes études épidémiologiques semblent attribuer au tabagisme un rôle protecteur vis-à-vis de la maladie d’Alzheimer1. La nicotine pourrait agir sur la toxicité des bêta amyloïdes. Néanmoins, ce rôle reste encore à éclaircir2.

    David Bême, le 16 septembre 2001

    1 - Eur J Neurol 2001 Mar;8(2):119-123
    2 - Biol Psychiatry 2001 Feb 1;49(3):221-232

    Maladie d’Alzheimer : au cœur de la lutte

    En mars 2000 déjà, l'Association américaine de la maladie d'Alzheimer lançait un cri d'alarme : d'ici 2030, le nombre de malades doublera si aucun remède n'est trouvé. Cette maladie touche actuellement en France plus de 400 000 personnes. Face à un tel fléau, la recherche s'engage notamment sur la voie d'un vaccin.

    Avec le vieillissement de la génération du baby-boom, la maladie d’Alzheimer devient une priorité de santé publique. Aujourd’hui, quatre millions d’Américains et près de 400 000 Français sont atteints de cette maladie. Ils seront 660 000 dans cinq ans.

    Le fléau menace les papy-boomers

    Un Américain de plus de 65 ans sur dix et un de plus de 85 ans sur deux sont atteints de cette forme de démence. En 2020, la génération des baby-boomers (issus de l'augmentation soudaine de la natalité succédant à la seconde guerre mondiale) entrera dans sa phase à risque. Ainsi, aux Etats-Unis, on devrait assister à une augmentation de 100 % du nombre des cas d’ici 2030, avec 8,7 millions de malades et à une explosion de 350 % d’ici 2050 avec 14,3 millions de cas.

    La maladie d'Alzheimer touche uniquement le cerveau et provoque la dégénérescence des cellules nerveuses (neurones) et en particulier celles impliquées dans la mémoire et les autres fonctions intellectuelles. Elle est caractérisée par le développement progressif d'une démence, inaugurée par les troubles de la mémoire puis par l'atteinte des autres fonctions intellectuelles qui permettent d'agir, de savoir et de penser.

    On peut distinguer deux facteurs de risques de cette maladie. Le premier, le plus évident, est l'âge. La plupart des personnes atteintes ont plus de 70 ans, mais la maladie frappe parfois avant 50 ans.

    Le deuxième facteur de risque connu est d'origine génétique : il s'agit du gène de l'apolipoprotéine E qui joue un rôle dans la réparation neuronale.

    "A moyen terme, nous espérons le développement de médicaments de plus en plus performants qui permettront de soigner les symptômes de la maladie. Il semble difficile d’imaginer, à moins d’une spectaculaire avancée de la recherche, un moyen efficace de lutte contre la mort neuronale avant dix ans. Le récent décryptage du chromosome 21 laisse cependant espérer un traitement efficace contre une forme très rare héréditaire de la maladie". déclare Mme Ollivet, Secrétaire National de l’association France Alzheimer. Selon les derniers résultats, les formes héréditaires de la maladie d’Alzheimer ne concerneraient que 0,3 % des malades.

    Vers un traitement de la maladie…

    Depuis quelques années, des médicaments sont utilisés dans la maladie d'Alzheimer. Ces traitements sont symptomatiques, permettant de ralentir la progression de la maladie.

    Ces médicaments n'en traitent pas les causes. La maladie d'Alzheimer est liée à une diminution de l'acetylcholine (neuromédiateur dont l'appauvrissement est constaté chez tous les malades Alzheimer). Plusieurs médicaments dont le mode d'action est d'empêcher la diminution de ce neuromédiateur (l'acétylcholine) sont déjà disponibles. Ils ont pour action de bloquer l'acétylcholinestérase (enzyme qui dégradent naturellement l'acétylcholine). Mais l’état des recherches sur l’origine de la maladie et la mise au point d’un vaccin ont sérieusement avancé.

    Suite à des résultats encourageants chez la souris, des essais thérapeutiques ont été initiés chez l’homme aux Etats-Unis. Selon André Delacourte, directeur de recherche à l’INSERM qui dirige un groupe de recherche sur le Vieillissement Cérébral et la Dégénérescence du Neurone "le vaccin constitue actuellement le plus gros espoir de traitement de la maladie".

    Par ailleurs, une meilleure connaissance des protéines à l’origine de la formation des plaques caractéristiques de la maladie peut ouvrir de nouvelles voies pour la mise au point de thérapies.

    Selon M. Delacourte, "les efforts de recherche de ces deux dernières années ont permis de déterminer les mécanismes responsables de la dégénérescence des cellules nerveuses. Aujourd’hui, on peut considérer que la maladie d’Alzheimer est un fusil à deux coups : elle résulte du dysfonctionnement de deux protéines, l’APP (Amyloid protein precursor) et la protéine tau (dysfonctionnement naturellement induit par l’âge et rencontré chez la totalité des personnes de plus de 70 ans). C’est la rencontre de ces deux dysfonctionnements qui entraîne la pathologie : les plaques séniles et la dégénérescence neurofibrillaire".

    Au total, ces approches multidisciplinaires permettent d’obtenir des résultats de plus en plus tangibles. Selon M. Delacourte, "chaque équipe apporte sa pierre à la connaissance et la compréhension de la maladie (physiopathologie) au niveau moléculaire, sans savoir néanmoins le chemin qu’il reste à parcourir avant la mise au point d’un médicament efficace contre la maladie". De leur côté, les associations de malades estiment que nous sommes actuellement engagés dans une course contre la montre, concernant des millions d’enfants du baby-boom sur lesquels planent la menace de la maladie d’Alzheimer.

    Alzheimer : une maladie pas comme les autres

    Alzheimer ! Voilà un nom qui, depuis plus d'une dizaine d'années, résonne à l'oreille de tous comme la maladie de tous les dangers, de toutes les peurs. Comment expliquer un tel phénomène, alors que les chiffres nous montrent que sa fréquence dans les âges courants de la vie est somme toute très relative.

    Campagne sur la maladie d'AlzheimerPeut-être faut-il en chercher l'explication dans l'important vieillissement de notre société qui, en moins d'un siècle, a vu doubler son espérance de vie. La contrepartie est claire : les altérations cérébrales du vieillissement sont apparues au grand jour. Ainsi, la maladie d'Alzheimer en a pris tous les stigmates, car elle croît avec l'âge.


    C'est la raison pour laquelle elle cristallise les angoisses autour d'un thème qui touche chacun d'entre-nous.

    Les fréquences d'apparition de la maladie sont de :

    • 5 à 7 % entre 65 et 79 ans ;
    • 20 % chez les plus de 80 ans ;
    • 32 % chez les plus de 90 ans

    Des signes pas si anodins que cela !

    Dans un premier temps, le malade est atteint de troubles de la mémoire. Un oubli des événements récents, des noms familiers, puis des faits anciens alertent le sujet ou l'un des membres de sa famille. Progressivement, le malade perd la notion du temps et de l'espace ; le rythme jour/nuit s'inverse. Très vite, il peine à s'exprimer, car les mots lui manquent et ses phrases deviennent incohérentes.

    Une évolution lente mais certaine

    Progressivement, le déficit s'accentue et les troubles concernent les déplacements, l'autonomie, les gestes de la vie courante. Le malade se trompe de trajet, répète les mêmes histoires, n'arrive plus à faire fonctionner les appareils ménagers, à compter son argent, etc. L'évolution de la maladie est handicapante et peut éventuellement mettre la personne en danger. Ainsi, oublis et pertes de mémoire, erreurs de la vie quotidienne, coexistent avec des périodes de conscience.

    C'est une situation très angoissante pour le malade. L'anxiété est d'autant plus marquée que sa relation au monde est altérée : la conversation devient laborieuse, car la personne oublie ce qu'elle veut dire, est incapable d'évaluer les conséquences de ses actes et devient impulsive. Une phase de dépression, d'indifférence ou de méfiance marquée peut alors survenir. Plus la maladie évolue, plus les symptômes sont exacerbés. Le malade peut également avoir des réactions de panique qui le conduisent à crier, pleurer ou à devenir violent pour exprimer sa souffrance.

    Un diagnostic d'élimination

    Le diagnostic de maladie d'Alzheimer ne peut pas être affirmé de façon formelle. Dans un premier temps, le praticien devra distinguer la probable maladie d'Alzheimer des autres maladies, qui peuvent provoquer les mêmes symptômes, et sont éventuellement curables. Le médecin pourra donc réaliser de nombreux examens, en particulier un électroencéphalogramme, un scanner et une analyse du liquide céphalorachidien obtenu par ponction lombaire. Il fera également passer au malade des tests particuliers, dits psychométriques, (dessins, reproductions de gestes, séquences motrices) qui permettront de suivre l'évolution de la maladie.

    Traitement médical et comportemental : des progrès à accomplir

    Depuis quelques années, des médicaments sont utilisés pour lutter contre la maladie d'Alzheimer. Ils permettent d'améliorer la qualité de vie du patient, de diminuer les symptômes de la maladie, parfois de ralentir son évolution. Mais ils ne traitent pas ses causes, qui sont encore mal connues. Il semble qu'un traitement précoce soit plus efficace. Il est donc important d'évoquer suffisamment tôt le diagnostic de maladie d'Alzheimer.

    De nouveaux médicaments capables non seulement de freiner la maladie mais surtout de l'arrêter sont actuellement l'objet de recherche. Dans tous les cas, la prise en charge psycho-comportementale, axée sur la mémoire et sur la socialisation, est indispensable. Ces exercices se font en collaboration avec le conjoint ou les proches, pour qu'ils puissent poursuivre à domicile les exercices proposés.

    La maladie d'Alzheimer nécessite des aides multiples. Celles-ci peuvent venir de la famille dans un premier temps. Celle-ci joue un rôle très important car c'est sur elle que repose la qualité de l'environnement dont dépend le bien-être du malade. Par la suite, les institutions spécialisées pourront mettre à la disposition de ces malades un personnel compétent, sachant stimuler les capacités cognitives des malades et faire face aux éventuelles crises. Enfin, il ne faut pas oublier l'importance des associations qui informeront le plus complètement possible le malade et sa famille.

    Dr Jean de Présilly

    Ce que vous devez absolument savoir sur la maladie d'Alzheimer

    A l'origine d'une dégénérescence de certaines cellules nerveuses, la maladie d'Alzheimer altère le fonctionnement du cerveau. Dans un premier temps, les malades éprouvent des difficultés à se souvenir et à comprendre. Cette maladie rejaillit sur l'entourage. Lorsqu'un proche en est atteint, il est parfois utile faire le point. Medico vous y aide en huit étapes.

    La maladie d'Alzheimer1 - Les soins médicaux entrant dans le cadre de la maladie d'Alzheimer sont pris en charge à 100 % par la Sécurité sociale ;

    2 - Toutes les associations spécialisées vous aideront à mieux comprendre la maladie. Elles participeront aux conseils de tous les jours que ceux-ci concernent la personne malade ou ses proches ;

    3 - Il existe actuellement 434 000 cas recensés de maladie d’Alzheimer en France ;

    4 - La maladie d’Alzheimer survient après soixante ans, sauf de très rares cas de formes familiales qui débutent plus tôt. Dans ces formes génétiques des tests de confirmation sont possibles ;

    5 - L’anxiété ou la dépression qui surviennent dans la maladie d’Alzheimer doivent être traitées médicalement. Suivez scrupuleusement les conseils et l’ordonnance du médecin qui s’occupe du malade ;

    6 - Le traitement de la maladie elle-même est nécessaire. Il permet de diminuer les signes de la maladie en particulier les troubles de mémoire et d'améliorer la qualité de vie des patients atteints. Cependant ils n'agissent pas sur la cause de la maladie. Les médications actuelles donnent parfois des troubles digestifs (diarrhées, vomissements). Parlez-en à votre médecin pour qu’il les change si nécessaire ;

    7 - Le passage domicile-institution se fait lorsque l’aidant n’est plus en mesure d’assurer son propre rôle, que la sécurité du patient est en jeu ou que la totalité des soins ne peut plus se faire à domicile. En moyenne il se fait pour 70 % des patients après sept ans d'évolution de la maladie ;

    8 - Les coordonnées de l’association France Alzheimer sont : 21, Boulevard Montmartre. 75002 Paris. Téléphone : 01 42 97 52 41. N’hésitez pas à consulter les bénévoles qui répondront à toutes vos demandes.

    Dr Jean de Présilly

    Maladies neurologiques : des affections très diverses

    Les affections qui touchent les cellules nerveuses sont très variées dans leur mode d’expression et sont, pour certaines d’entres elles, associées au vieillissement. Longtemps réputées incurables, elles bénéficient depuis une dizaine d’années d’une gamme de nouveaux traitements qui contribuent à améliorer la qualité de vie des malades.

    Extrêmement nombreuses, les maladies affectant des cellules nerveuses ou neurones demeurent, pour la plupart d’entre elles, incomplètement comprises. En voici les plus fréquentes sans toutefois prétendre à l’exhaustivité.

    La maladie d’Alzheimer

    La maladie d’Alzheimer représente aujourd’hui dans les pays développés la principale cause de démence et de dépendance chez les personnes âgées. En France, le nombre de personnes touchées se situe vraisemblablement entre 300 000 et 400 000 et l’étude Paquid, qui a été réalisée dans notre pays, a montré que 15 % des sujets de 85 ans environ sont concernés par ce problème. Parce que son expression est favorisée par le vieillissement, les experts craignent toutefois que 600 000 Français soient atteints à l’horizon 2020, ce qui constituerait un redoutable défi pour notre société en raison des problèmes importants de prise en charge sociale et médicale que posent ces patients.

    Les maladies neurologiquesLa maladie d’Alzheimer se différencie des autres affections du cerveau pouvant entraîner une démence, des maladies d’origine vasculaire par exemple, par l’existence d’altérations spécifiques des cellules cérébrales. Au début, la maladie se manifeste par de simples troubles de mémoire portant essentiellement sur les faits récents, mais peu à peu les capacités intellectuelles des patients diminuent et ceux-ci éprouvent de plus en plus de difficultés pour communiquer avec leur entourage ou pour effectuer des gestes courants de la vie quotidienne.

    Les biologistes ont découvert, il y a quelques années, que la dégénérescence puis la perte des neurones s’accompagne d’une diminution des taux d’acétylcholine, un médiateur qui joue un rôle important dans le fonctionnement cérébral, notamment dans le processus de mémorisation. Des médicaments, capables de s’opposer à cette réduction graduelle de l’acétylcholine cérébrale, sont donc aujourd’hui proposés pour retarder l’évolution de la maladie, comme la tacrine, ou plus récemment le donézépil et la rivastigmine, moins toxiques pour le foie...

    Ces thérapeutiques possèdent une certaine efficacité, à condition d’être prescrites suffisamment tôt. D’où la nécessité de reconnaître les formes précoces de la maladie. Dans ce but, diverses consultations de la mémoire ont été créées dans les centres hospitaliers français. Grâce aux données de l’interrogatoire et à des tests psychométriques, les médecins arrivent à prévoir avec une certaine fiabilité les sujets qui risquent de développer par la suite une maladie d’Alzheimer et à les différencier de personnes dont les troubles de mémoire sont en rapport avec une autre maladie neurologique ou une simple tendance dépressive ou anxieuse.

    Différents facteurs favorisants ont été mis en évidence dans la genèse de la maladie d‘Alzheimer, tels des paramètres génétiques, certaines formes particulières d’une lipoprotéine, l’apolipoprotéine E, et comme vient de le confirmer une étude effectuée par l’équipe du Pr Jean-François Dartigues (Université de Bordeaux) une trop forte teneur en aluminium de l’eau du robinet.

    Les progrès thérapeutiques restent modestes. Cependant, la mise au point d’un vaccin expérimental dénommé provisoirement AN-1792 a été annoncée en juillet 2001 par la firme Elan Pharmaceuticals, lors du dernier congrès mondial sur la maladie d’Alzheimer. Ce vaccin qui a retardé la progression de lésions cérébrales chez des souris présentant une forme proche de la maladie humaine a été testé mondialement chez des patients. Mais début 2002, l'essai mondial portant sur 97 personnes a été arrêté suite à l'apparition de quatre cas de méningites !

    La maladie de Parkinson

    La maladie de Parkinson représente la troisième maladie neurologique après la migraine et la maladie d’Alzheimer, et survient, en moyenne, vers la soixantaine. Les statistiques donnent à penser qu’elle toucherait 100 000 personnes en France. Cette affection découle d’une dégénérescence des neurones d’une petite zone du cerveau, le "locus niger", qui est responsable du contrôle de la motricité des mouvements et fabrique normalement un médiateur chimique, la dopamine. Chez les Parkinsoniens, la dopamine n’est plus produite en quantité suffisante et, de ce fait, apparaissent différents troubles neurologiques comme un tremblement des extrémités au repos, une augmentation anormale du tonus musculaire et une rigidité des membres, une lenteur et une diminution de l’activité physique. La marche est peu à peu perturbée ; l’écriture déformée ; la mimique est figée, mais à l’inverse de la maladie d’Alzheimer les fonctions intellectuelles sont en règle générales conservées.

    L’origine de la maladie de Parkinson demeure inconnue, mais on sait que cette affection est plus répandue chez les boxeurs en raison des microtraumatismes crâniens répétés que peut induire cette activité sportive. Par ailleurs, certains toxiques en favorisent la survenue (insecticides, oxyde de carbone) et une affection très proche de la maladie de Parkinson a été décrite chez des toxicomanes américains qui avaient pris de l’héroïne de mauvaise qualité. Ce syndrome constitue donc un modèle d’étude de la maladie de Parkinson habituelle pour les neurologues.

    Le traitement repose, en général, sur l’administration de lévodopa qui se transforme en dopamine dans l’organisme ou de médicaments mimant les effets de la dopamine. Il en existe aujourd’hui de très nombreux, de mieux en mieux tolérés.

    De plus en plus souvent, on réalise aussi dans les cas graves des stimulations profondes du cerveau. Le principe consiste à activer, grâce à l’implantation d’électrodes, des centres cérébraux, comme le thalamus, qui ont pour rôle de bloquer l’apparition d’un tremblement mais qui n’assurent plus cette fonction en raison du manque de dopamine. Toutefois, le nombre de ces interventions demeure réduit car elles sont coûteuses et exigent des moyens techniques et humains importants.

    Des méthodes de chirurgie stéréotaxique permettant de détruire électivement certaines zones cérébrales (thalamus, pallidum...) peuvent aussi être proposées pour supprimer le tremblement ou la rigidité corporelle. Enfin, des greffes de cellules de fœtus dans le cerveau peuvent être effectuées car elles ont la capacité de sécréter de la dopamine. Mais, cette méthode de traitement est très lourde et n’a, depuis ses débuts en 1980, été appliquée qu’à quelques centaines de patients dans le monde. Afin d’en élargir le champ d’application, les médecins tentent aujourd’hui de remplacer les cellules humaines par des cellules de porcs ou, même, de manipuler au laboratoire des cellules embryonnaires pour leur faire fabriquer de la dopamine avant de les réinjecter aux patients.

    Sclérose en plaques, maladie de Huntington...

    La longue liste des affections neuronales ne s’aurait s’arrêter là.

    La sclérose en plaques est une affection de nature auto-immune, peut-être favorisée par des virus, qui est due à une réaction anormale du système immunitaire contre la gaine de myéline entourant les nerfs. Concernant 30 000 à 50 000 personnes en France, souvent d’âge jeune, elle se traduit par des troubles très variés et d’intensité différente d’un malade à l’autre, à type de fourmillements, de paralysie des jambes, de diminution de la force, d’anomalies de la vision qui apparaissent souvent par poussées en différentes régions du corps. A côté des formes sévères de l’affection, il existe aussi fort heureusement des formes moins graves de sclérose en plaques où les patients récupèrent toutes leurs facultés entre deux épisodes. Les formes sévères bénéficient aujourd’hui de l’emploi d’une substance agissant sur le système immunitaire, l’interféron, dont l’efficacité est démontrée. Les mécanismes mis en jeu dans l’apparition de la maladie sont mieux élucidés et de nombreuses thérapeutiques à visée immunologique sont expérimentées dans le but d’éviter à l’organisme de réagir contre sa propre myéline. Elles pourraient fournir une solution thérapeutique d’ici quelques années et des anticorps sont déjà parvenus à prévenir les poussées de la maladie dans des modèles animaux.

    La Chorée de Huntington, qui se manifeste par des mouvements anormaux du bras et du visage, a pour particularité d’être d’origine génétique, ce qui offre la possibilité de proposer un test à visée diagnostique à l’intérieur des familles atteintes.

    Enfin, la sclérose latérale amyotrophique ou maladie de Charcot, met en jeu une atteinte des neurones responsables de la motricité. Elle se traduit par une diminution importante des capacités physiques et, après un certain temps d’évolution, par une insuffisance respiratoire.

    Dr Corinne Tutin

    French Paradox et vitamines : le cocktail anti-Alzheimer

    Notre alimentation peut-elle prévenir l’apparition de la maladie d’Alzheimer ? Différentes études ont évoqué cette possibilité. Medico revient sur deux d’entre elles. Les aliments riches en vitamines C et E ainsi que la consommation modérée d’alcool auraient des effets bénéfiques.

    Parce que les maladies vasculaires sont associées à des formes de déclin mental et de démence, les auteurs ont voulu savoir si l’alcool pouvait avoir un impact sur le risque de démence.

    Nouvelle vertu du French Paradox !

    le cocktail anti-AlzheimerPrès de 5 400 individus âgés d’au moins 55 ans ont été suivis pendant six ans en moyenne. Durant cette période, 197 ont développé une forme de démence : 146 une maladie d’Alzheimer, 29 des démences vasculaires et 22 d’autres formes. En ajustant les résultats en fonction de l’âge, du sexe, de la pression artérielle, du comportement tabagique et de l’indice de masse corporelle, les auteurs ont pu isoler l’influence de la consommation d’alcool.

    Résultats : un à trois verres d’alcool par jour réduirait de plus de 40 % les risques de démence. L’étude PAQUID effectué dans la région de Bordeaux avait attribué cette vertu au vin, mais les auteurs néerlandais1 n’ont pas noté de relation entre le type de boisson et la réduction du risque.

    Selon eux, l’alcool agirait en réduisant les facteurs de risques, soit en inhibant l’agrégation plaquettaire, soit en altérant le profil lipidique sérique. La réduction du risque de démence vasculaire particulièrement notée conforte cette hypothèse. Une seconde possibilité est que l’alcool pourrait avoir un effet direct sur la cognition grâce à la libération d’acétylcholine dans l’hippocampe, zone cérébrale facilitant l’apprentissage et la mémoire. Cette enquête conforte la thèse d’une origine vasculaire de certains types de démence, y compris la maladie d’Alzheimer.

    Encore un bienfait attribué à la consommation légère d’alcool après la réduction du risque de maladies cardiovasculaires. Mais attention, pas de raison pour autant de trop lever le coude, plus de trois verres d’alcool par jour augmentent le risque de développer un cancer.

    Plus de vitamines, moins d’Alzheimer !

    Le fait de manger plus d’aliments riches en vitamines C et E pourrait vous protéger contre la maladie d’Alzheimer. C’est la conclusion de deux études publiées dans le prestigieux Journal of American Medical Association2.

    La première a suivi 5 400 personnes de plus de 55 ans sur six ans en moyenne. Parmi elles, 146 ont développé la maladie d’Alzheimer sur cette période. Or les chercheurs ont noté que l’absorption d’aliments riches en vitamines C et E était fortement corrélée avec une diminution du risque, notamment chez les fumeurs.

    Dans une autre étude portant sur 815 personnes d’au moins 65 ans, les chercheurs ont souligné le rôle de la vitamine E. Celle-ci diminuerait fortement le risque de développer une maladie d’Alzheimer.

    Dans les deux cas, les propriétés antioxydantes de ces substances seraient à l’origine de cet effet protecteur pour nos neurones. Mais des études sont nécessaires pour confirmer le mécanisme.

    En attendant, inutile de vous jeter sur les compléments alimentaires à base de vitamines C et E : d’après la seconde étude, ceux-ci n’ont pas d’influence sur le pronostic d’Alzheimer. Il vous reste donc à suivre les recommandations du gouvernement : au moins cinq fruits et légumes par jour, pour être sûr de faire le plein de vitamines !

    David Bême et Alain Sousa

    1 - The Lancet January 26, 2002, Vol. 359, pp. 281-286
    2 - JAMA, juin 2002 ; vol. 287 : p. 3223-3229 et p. 3239-3237.


     
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