Le soleil et la peau
Les effets du soleil sur la peau, à la mer comme à la
montagne, ne sont pas toujours bien connus, du grand public.
Une exposition raisonnable au soleil peut être bénéfique mais devient dangereuse
si la durée et la fréquence de celle-ci est importante. Elle peut être à
l'origine de nombreuses et diverses réactions cutanées.
L'ensoleillement varie en fonction de plusieurs paramètres : les saisons, la
latitude, l'inclinaison du soleil sur l'horizon, l'altitude, la nature du sol.
Il est donc nécessaire de s'informer et de prendre des mesures adéquates afin de
tirer les avantages du rayonnement solaire et non d'en subir les inconvénients.
Un tiers du rayonnement solaire est retenu par l'atmosphère terrestre. La couche
d'ozone stratosphérique retient les rayonnements dangereux (les rayons
cosmiques, les rayons gamma, les rayons X, les rayons UVC ) et laisse passer des
rayonnements solaires de longueur d'onde supérieure à 290 nm (nanomètre : unité
mesurant les longueurs d'onde des radiations solaires). Le spectre visible se
situe entre 400 et 800 nm. Au-dessus se situent les infrarouges (I.R.) de 800 à
1400 nm et en deçà se situent les ultraviolets (U.V. de 200 à 400 nm).
Les rayons dont les longueurs d'onde sont les plus courtes sont les plus
énergétiques et les plus dangereux.
Il est établi que la dégradation de la couche d'ozone nous expose plus
intensément à ces rayonnements de courte longueur d'onde. En revanche, il n'est
pas prouvé que l'augmentation de l'incidence des cancers de la peau soit liée à
ce phénomène.
Le soleil a une action antirachitique : les UVB sont en effet à l'origine de la
photosynthèse de la vitamine D.
Le soleil peut améliorer certaines maladies cutanées telles que le psoriasis.
On distingue les effets néfastes immédiats et les effets néfastes à long terme
a. Les effets néfastes immédiats :
Ils apparaissent dès lors que l'exposition au soleil n'est plus tolérée par la
peau et se traduisent de diverses manières :
Les infrarouges (I.R.) sont responsables de l'élévation de la température
provoquée par l'exposition au soleil : ceci déclenche la sécrétion sudorale qui
assure la thermorégulation. L'insolation est due aux I.R. et survient lorsque
les capacités de thermorégulation sont dépassées.
l'érythème actinique ou coup de soleil : il est du aux UVB et apparaît quelques
heures après l'exposition. Suivant le type de peau et la quantité d'UVB, il peut
présenter différents degrés de gravité.
b. Les effets néfastes à long terme :
Les effets du soleil sur la peau sont cumulatifs.
Les personnes exposées régulièrement au soleil et pendant plusieurs années
peuvent voir apparaître des manifestations cutanées allant du vieillissement
prématuré (apparition de rides sur le visage, le cou, les mains, taches
brunes...), à l'élastose solaire, soit une atteinte du derme provoquant une
modification des fibres du collagène.
Des tumeurs bénignes, voire des lésions cancéreuses peuvent se manifester après
un temps d'exposition au soleil excessif pendant plusieurs années. Les coups de
soleil chez le jeune enfant semblent prédisposer particulièrement à l'apparition
de tumeurs malignes cutanées à l'âge adulte.
Cancers de la peau
Une surexposition aux rayons UV peut entraîner l'apparition de plusieurs types
de cancer de la peau. Ces cancers peuvent être classés en deux catégories : les
mélanomes malins et les tumeurs non mélaniques. Ces dernières sont la forme de
cancer de la peau la plus fréquente. Elles ont tendance à apparaître sur les
parties du corps habituellement exposées au soleil comme le cou, le visage, les
oreilles, le dessus des mains et les avant-bras. Ces cancers, dont la
particularité est de rester localisées, peuvent le plus souvent être enlevés
chirurgicalement. Elles sont rarement mortelles mais peuvent entraîner de graves
préjudices esthétiques.
Le mélanome malin
Le mélanome malin est une forme de cancer de la peau heureusement assez rare. Il
faut pourtant s'en inquiéter davantage parce qu'il peut développer des
métastases, envahir facilement d'autres parties du corps et causer la mort. Au
contraire des autres types de cancer de la peau, les mélanomes n'apparaissent
pas nécessairement sur les parties du corps qui sont exposées au soleil.
Ces tumeurs se développent à partir des mélanocytes, c'est-à-dire des cellules
de la peau qui produisent la mélanine. Quatre vingt dix pour cent de ces tumeurs
sont des mélanomes cutanés. Le très grand potentiel de dissémination
métastatique, autrement dit de " généralisation " de ce cancer, fait que seuls
un diagnostic précoce et l'extraction chirurgicale large de la lésion avant que
celle-ci ne devienne trop profonde, permettent d'entrevoir une guérison
définitive.
L'incidence du mélanome malin est en forte augmentation dans les pays
industrialisés : elle a doublé en dix à quinze ans. En France, on peut estimer
l'incidence actuelle du mélanome entre 5000 et 6000 cas par an.
L'identification de facteurs de risque permet le développement de mesures
préventives. Deux types de facteurs de risque ont été identifiés dans le
mélanome : des facteurs individuels, constitutifs (phototypes, nombreux nævus,
nævus atypiques, antécédents personnels ou familiaux de mélanome) et un facteur
comportemental, l'abus d'exposition au soleil ou aux ultraviolets (UV)
artificiels.
Le dépistage" ABCDE "
Pour reconnaître la nature éventuellement maligne d'une tâche pigmentée, on
utilise le dépistage " ABCDE ". En effet, le mélanomes malin présente en général
les caractéristiques suivantes :
A pour Asymétrie. La lésion est asymétrique.
B pour Bord. Le contour est irrégulier, en carte de géographie.
C pour Couleur. La lésion est polychrome.
D pour Dimension. Diamètre > 8 mm.
E pour Evolution. La lésion évolue : taille, prurit, couleur, saignement, etc...
La plupart des mélanomes sont décelés par le malade. L'auto-examen est, au moins
potentiellement, une méthode de détection précoce qui ne requiert pas de
technique coûteuse de dépistage. De plus, la détection précoce des mélanomes
présente comme nous venons de le voir des avantages considérables sur le plan de
la survie.
Le pronostic d'un mélanome malin est étroitement lié à son épaisseur mesurée par
l'anatomo-pathologiste sur le spécimen tumoral prélevé. Cette épaisseur, qui
définit l'indice de Breslow, est déterminée par examen histologique : il s'agit
de la profondeur en millimètres entre la couche cellulaire cutanée la plus
superficielle et la partie la plus profonde de la tumeur. Lorsque cette
épaisseur est inférieure à 1,5 mm, la survie à cinq ans est de 92%, mais elle
n'est plus que de 36% lorsque cette épaisseur est supérieure à 3,5 mm.
Il est souhaitable que les médecins généralistes et le grand public sachent
reconnaître l'aspect précoce d'un mélanome. Il est également important que ces
tumeurs soient rapidement vues par un professionnel de la santé.
La plupart des mélanomes (55% environ dans les populations blanches d'Europe)
sont des mélanomes superficiels extensifs développés dans certains cas seulement
aux dépends de grains de beauté.
Ces lésions ont une croissance relativement lente et se développent souvent
depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, avant d'être vues par le médecin.
C'est pourquoi une éducation sanitaire axée sur une détection précoce serait à
tout moment bénéfique pour un pourcentage significatif de la population
présentant de telles lésions.
Les mélanomes superficiels extensifs ont généralement un diamètre plus grand que
celui de la plupart des grains de beauté (supérieur à 5 mm), ils présentent des
contours irréguliers et sont de couleur variable.
Afin de faciliter l'identification de telles lésions, le public doit être incité
à consulter un médecin dès qu'un grain de beauté change de forme, de couleur ou
de taille, ou saigne facilement.
Les mélanomes nodulaires, moins fréquents, ont une croissance beaucoup plus
rapide et peuvent ressembler à des grosseurs rouges ou pigmentées qui sont
susceptibles de saigner. Il est beaucoup plus difficile d'informer utilement le
public afin de lui permettre de faire la distinction entre lésion maligne et
bénigne.
La lumière ultraviolette peut avoir des effets néfastes sur le système
immunitaire en affectant la peau. Celle-ci est notre première ligne de défense
contre l'invasion d'organismes auxquels elle est constamment exposée. Elle est
constituée d'un réseau de cellules et de protéines qui jouent un rôle de premier
plan dans la lutte contre les micro-organismes. Les rayons UV sont responsables
d'une baisse locale de l'activité du système immunitaire, ce qui fait que le
corps est moins apte à combattre l'apparition de cellules cancéreuses.
1. La photoprotection naturelle :
Le système pileux, la couche cornée, et surtout la barrière mélanique permettent
d'assurer la photoprotection naturelle.
La mélanine est à l'origine de la pigmentation de la peau lui permettant de
résister aux agressions du soleil. Elle est fabriquée par les mélanocytes à
partir de la tyrosine dans les couches profondes de l'épiderme. Elle va ensuite
migrer vers la surface cutanée et donner la pigmentation à la peau.
Deux types de pigmentation peuvent être observées :
La pigmentation immédiate due aux UVA appelée aussi " hâle du soir" qui
disparaît en quelques heures et qui provient de l'oxydation de la mélanine déjà
présente dans les mélanocytes épidermiques.
La pigmentation retardée due aux UVB qui vont stimuler la mélanogénèse et
conduire au bronzage tant recherché.
La pigmentation mélanique de la peau est inégale d'un individu à l'autre car
elle dépend de son capital génétique : aussi la résistance aux agressions
solaires sera d'autant plus grande que la pigmentation sera importante.
Certaines personnes risquent davantage de développer différents types de cancer
de la peau à la suite d'une exposition au soleil. C'est le cas des personnes qui
ont un teint, des yeux et des cheveux clairs et qui ont tendance à brûler plutôt
qu'à bronzer.
Les spécialistes de la peau classent les individus en sept catégories suivant
leur phototype, c'est à dire leur capacité à réagir face au soleil :
Phototype 0 : Brûle très facilement et ne doit jamais s'exposer, c'est
l'albinos.
Phototype I : Brûle et ne bronze jamais, c'est le roux.
Phototype II : Brûle et bronze avec peine, c'est le blond aux yeux clairs.
Phototype III : Brûle un petit peu et bronze bien, c'est le châtain.
Phototype IV : Brûle très peu et bronze bien, c'est le brun.
Phototype V : Brûle très rarement et bronze beaucoup, c'est la peau mate.
Phototype VI : Ne brûle jamais, c'est la peau très pigmentée, peau noire.
La barrière mélanique absorbe près de 90% des U.V. ayant franchi la couche
cornée et représente la principale photoprotection naturelle.
2. La photoprotection artificielle :
Mais on peut avoir recours à la photoprotection artificielle qui vient compléter
la barrière mélanique lorsque celle-ci est insuffisante : elle est représentée
par des écrans solaires et par des filtres.
Les écrans solaires bloquent la pénétration des radiations U.V. dans l'épiderme
et empêchent le bronzage.
En revanche les filtres absorbent de façon sélective les rayons U.V. Les filtres
à spectre étroit n'absorbent que les UVB et donc permettent la pigmentation
immédiate.
Les filtres à spectre large absorbent les UVA et les UVB. On définit le
coefficient de protection du produit solaire par sa plus ou moins grande
capacité à protéger la peau contre le rayonnement solaire.
L'ingestion de capsules orales 15 jours avant l'exposition, les " autobronzants
", ne protègent en rien des effets néfastes de l'exposition solaire.
Chaque homme est doté d'une protection naturelle qui lui est propre face au
soleil. Dans la plupart des cas, la pigmentation naturelle due à la mélanine est
insuffisante. Une protection externe à l'aide de formules solaires riches en
photoprotecteurs est donc nécessaire.
Nous pouvons bénéficier des avantages que nous offre le soleil et éviter ses
désagréments à condition de suivre certaines règles :
- S'exposer progressivement les premiers jours pendant une courte durée.
- Eviter de s'exposer au moment où l'ensoleillement est au plus fort car il
correspond à un rayonnement UVB maximal (environ entre 11 heures et 15 heures).
- Eviter l'utilisation d'agents photosensibilisants au moment de l'exposition à
savoir : les eaux de toilette, les solutions alcooliques, certains antiseptiques
ou la consommation de certaines classes de médicaments tels que les
antibiotiques, les anti-inflammatoires etc.
- Tenir compte de son phototype pour appliquer une protection solaire adéquate.
- Boire beaucoup d'eau pour éviter la déshydratation.
- Appliquer des produits apaisants après le soleil sur le visage et le corps.
- Accroître sa consommation en légumes et fruits riches en vitamines,
béta-carotène...
- Chez l'enfant : Appliquer une crème très haute protection, voire un écran
total, ou mieux encore, faire porter un tee-shirt, faire boire beaucoup, et
protéger la tête. En effet, le capital-soleil de chacun doit être préservé dès
le plus jeune âge.
Certains médicaments ou cosmétiques prédisposent aux coups de soleils. en
particulier des antibiotiques, des diurétiques, des pilules contre le diabète
peuvent nécessiter une protection solaire particulière.
Les nuages, et les parasols n'arrêtent pas efficacement les rayons UV.
Les surfaces réfléchissantes (eau, neige, sable) augmentent l'effet de
l'exposition au soleil et peuvent entraîner des coups de soleil même si vous
êtes à l'abri des rayons directs.
Les séances en salon de bronzage (rayons UVA) ne sont d'aucune utilité pour
prévenir les coups de soleil.
Votre peau a besoin de protection même si vous avez plus de 50 ans. En fait, la
peau est encore plus sensible aux effets néfastes du soleil lorsque l'on
vieillit.
Si vous avez un coup de soleil, évitez de l'exposer au soleil...
Protégez la région du coup de soleil en la couvrant avec des vêtements amples et
légers ou en la couvrant d'onguent de zinc.
Appliquez des compresses d'eau froide.
Si le coup de soleil est très douloureux, prenez du paracétamol ou de
l'aspirine.
Si le coup de soleil s'accompagne de nausées, de vomissements, de fièvre, de
frissons ou troubles de la vue, il faut consulter un médecin.
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