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    Bataille autour d'un médicament anti-cancéreux encore expérimental
    Posté le Samedi 07 septembre @ 15:37:52
    Médicaments

    Une polémique a éclaté au Liban sur la légalité d'un traitement mis au point par un chimiste qui, sans être médecin, distribue un médicament anti-cancéreux ...



    BEYROUTH (AFP) - Une polémique a éclaté au Liban sur la légalité d'un traitement mis au point par un chimiste qui, sans être médecin, distribue un médicament anti-cancéreux encore en phase expérimentale, mais qualifié de "magique" par les malades.

    "Les cèdres du Liban", tel est le nom commercial que Nabil Habib, 47 ans, détenteur d'un doctorat de l'Ecole supérieure de génie chimique de Lyon (France), et professeur à l'Université libanaise (UL, publique), entend donner à ce médicament résultat de 15 ans de recherches en France et au Liban.

    Il a affirmé à l'AFP qu'il négociait avec des sociétés internationales afin qu'elles enregistrent un jour ce médicament sous leur responsabilité.

    "Je ne traite que les cas désespérés qui me sont envoyés par des médecins spécialistes qui supervisent les traitements", a-t-il dit.

    Selon lui, une centaine de médecins spécialistes coopèrent avec lui "en secret" en raison de l'opposition de l'Ordre des médecins.

    "Ce sont des médecins de toutes les régions du Liban, de toutes confessions et de toutes les écoles médicales, tant européennes, américaines, ou des diplômés des pays de l'est", a-t-il précisé.

    Actuellement, M. Habib traite près de 300 malades atteints de différentes sortes de cancer, la plupart au Liban, outre des Libanais émigrés en Amérique, au Canada ainsi que d'autres Arabes et des Occidentaux.

    "J'offre le médicament gratuitement aux Libanais et je couvre son coût par ce que je prends des autres patients et les bénéfices de mon laboratoire", indique-t-il.

    Jean Aql, un dentiste interrogé par l'AFP, qualifie le médicament que son père a pris pendant trois ans de "potion magique".

    Son père, atteint d'un cancer au poumon qui s'est propagé, a perdu tout espoir lorsque la médecine traditionnelle lui a affirmé qu'il "lui restait à vivre de six mois à un an".

    "Nous avons eu recours au médicament de M. Habib tout en sachant qu'il était encore en cours d'expérimentation. Mais qu'avions nous à perdre?", a-t-il ajouté.

    "Mon père a suivi le traitement et a vécu trois ans sans souffrance. Dix jours avant sa mort, tous les examens nécessaires prouvaient qu'il n'y avait plus de cancer dans son corps. Il est décédé d'une crise cardiaque".

    Selon M. Habib, le différend qui l'oppose à l'Association libanaise contre le cancer et à l'Ordre des médecins est lié au fait qu'il refuse de divulguer la composition de son médicament pour éviter le plagiat.

    Son expérimentation en laboratoire a pourtant duré six ans, de 1984 à 1989, l'expérimentation toxique s'est poursuivie durant neuf ans, de 1990 à 1998.

    "Le médicament n'a jusque-là pas suscité des effets secondaires aigus, mais cet aspect nécessite une période d'essai plus longue", explique-t-il.

    C'est en 1999 que M. Habib a octroyé les premières doses de son médicament, une potion liquide dont la couleur ressemble au sirop de mûres et dont le goût, selon les patients, n'est "pas mauvais".

    En octobre 2001, le ministère de la Santé a autorisé M. Habib a prescrire son médicament, à condition que ce soit par le biais d'un médecin spécialiste.

    L'Association libanaise de lutte contre le cancer s'y est opposée et a eu recours au Conseil d'Etat, qui juge de la légalité des décisions prises par l'Etat.

    En juillet, le Conseil d'Etat a annulé la décision du ministère de la Santé, prise selon M. Habib, sur la base des lois relatives à l'industrie pharmaceutique et à l'exercice de la médecine, faute de lois au Liban sur la recherche scientifique.

    L'interdiction du médicament a suscité un tollé des parents de malades qui ont crié leur désespoir devant les télés locales en demandant "pourquoi interdire au malade de choisir le traitement qui l'aide à continuer à vivre lorsque la médecine traditionnelle le condamne à mort".

    Le Conseil d'Etat est finalement revenu sur sa décision la semaine dernière, une initiative qualifiée de "courageuse et forte" par M. Habib.

    Toutefois, le Conseil de l'Ordre a maintenu son opposition.


     
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